Par William Gauvin
Lors de leur ascension en Argentine, l’objectif principal des deux escaladeurs n’est pas de franchir les 6 962 m de la montagne. Cet objectif est plutôt secondaire. Leur objectif principal est plutôt d’en apprendre sur eux-mêmes et de montrer aux enfants qu’il est permis d’avoir des aspirations.
«On veut apprendre à travers ce voyage-là, apprendre à travers l’altitude et en apprendre un peu plus sur nous. Le sommet, c’est un bonus en tant que tel», dit Raphaël d’un ton humble.
Les deux jeunes hommes ont réalisé que leur projet se concrétisait après leur publication sur les réseaux sociaux et leur rencontre avec Maude Julien, directrice générale du CPSL.
«Dès qu’on a rencontré Maude, que la cagnotte est partie et qu’on a fait la vidéo d’annonce, Raph et moi nous sommes regardés, puis on s’est dit “ok c’est officiel, on est en train de faire un truc”», dit Raphaël, emballé.
Une fondation qui leur tient à cœur
La mère de Raphaël, qui a consacré sa carrière à la pédiatrie sociale, avait l’habitude de partager des anecdotes sur les enfants qu’elle rencontrait au travail. À 18 ans, le jeune homme a pris conscience de la chance qu’il avait.
«Il y a des enfants qui aimeraient seulement avoir des amis, avoir un mentor. On veut donner la chance à ces jeunes de pouvoir rêver comme nous», concluent Raphaël et Keven au sujet du privilège dont ils jouissent.
Profiter de la vie avant de performer
Au préalable, Keven, âgé de 19 ans, et Raphaël de 18 ans, se connaissent depuis un très jeune âge lorsqu’ils jouaient au soccer. Lors d’un voyage en Amérique du Sud, Keven explique que sa perception de la vie a complètement changé.
«Avant, je rêvais de devenir joueur de soccer professionnel. Mais après un voyage au Pérou et en Bolivie, j’ai compris que c’était en montagne que je voulais passer ma vie. Grâce à la montagne et à l’escalade, j’ai gagné en confiance et en maturité et j’ai rencontré des personnes extraordinaires. Ce projet marque une étape importante dans ma vie et dans mon parcours», souligne Keven Huet.
De son côté, Raphaël explique que Keven et lui vivaient à un rythme effréné, axé sur la performance, ce qui leur provoquait un stress.
«La montagne m’a permis de respirer. Au soccer, les gens te jugent en fonction de tes performances, mais en montagne, ils te jugent en fonction de ta personnalité. J’avais beaucoup de pression, je vivais de l’anxiété reliée à la performance», admet Raphaël.
Une préparation pour adoucir l’ascension
Pour s’acclimater aux changements météorologiques, les deux jeunes passionnés de montagne vont faire le Mont-Washington à mainte reprise, planteront des arbres quotidiennement pendant huit heures par jour cet été et seront également encadrés par un préparateur physique et un physiothérapeute pour prévenir les blessures.
«La préparation va être extrêmement dure pour que ce soit le moins horrible possible sur la montagne, mais ça va l’être pareil», lance Raphaël.
Les deux jeunes ne souhaitent pas commettre la même erreur qu’ils ont faite dans leur carrière de joueur de soccer. Les deux mentionnent qu’ils veulent trouver un équilibre entre leur vie sociale et leur préparation, ce qui contribuera à préserver leur santé mentale. Tandis qu’ils parlent de leur bien-être mental, les deux anciens athlètes de l’équipe de soccer de l’École Pointe-Lévy, qui ont participé au programme Sport-Études (PALS), soulignent que cet aspect sera crucial pour leur succès futur. Les crampes, les conditions et d’autres facteurs hors de leur contrôle testeront leur résilience.
Raphaël et Keven aimeraient amasser 6 962 $, tout comme le slogan de leur défi «6 962 m = 6 962 $».