En raison de la décision des États-Unis d’imposer des droits de douane de 50 % sur des produits canadiens totalisant 27,6 G$ à compter du 22 août, le ministre fédéral des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne, a confirmé mardi que le Canada appliquera des droits de douane équivalents, au dollar près, au taux près, en imposant des droits de douane canadiens supplémentaires sur des produits américains.
Concrètement, à compter du 8 septembre, le Canada imposera des contre-mesures tarifaires de 15 %, de 25 % et de 50 % sur les produits basés sur ceux visés par les droits de douane au titre des articles 232 et 338 de lois américaines, selon le taux correspondant au taux américain pour chaque produit.
Les contre-mesures tarifaires du Canada s’appliqueront à des produits qui totalisent 27,6 G$ en importations en provenance des États-Unis. Elles seront axées sur des secteurs comme l’acier, les produits laitiers, l’électroménager, le matériel agricole, les pâtes et papiers et l’électronique, qui sont les plus touchés par les droits de douane américains.
«Cette réponse ciblée permettra de protéger les travailleurs, les agriculteurs, les pêcheurs, les familles et les entreprises du Canada, de défendre les industries touchées par les droits de douane américains injustifiés et d’aider les producteurs canadiens à faire concurrence aux produits américains sur le marché canadien», a argué le gouvernement fédéral.
Soutien
Dans un second temps, Ottawa a aussi fait savoir qu'il allait faire passer ses mesures d'aide aux entreprises et aux travailleurs canadiens touchés par les tarifs américaines à une enveloppe d'une valeur de 7,5 G$.
Cet ensemble de mesures comprend un investissement supplémentaire de 1,5 G$ dans le cadre de l’Initiative régionale de réponse tarifaire, mise en œuvre par les agences de développement régional (ADR) du Canada, afin d’aider les petites et moyennes entreprises, notamment par un soutien en matière de liquidités visant à faire face aux pressions liées aux droits de douane.
De plus, le gouvernement fédéral débloque un nouveau volet de liquidités de 500 M$ dans le cadre du programme Pivoter pour se propulser de la Banque de développement du Canada afin d’aider les entreprises à gérer les pressions immédiates sur leur flux de trésorerie en plus de programmes ciblés pour les secteurs de la foresterie, de l’acier et de l’aluminium.
Il élargit l'accès aux programmes liés aux droits de douane de la Banque de développement du Canada, grâce à la réduction du revenu minimal requis pour les demandeurs, qui passe à 1 M$.
Ottawa autorise un investissement supplémentaire de 2 G$ par l’intermédiaire du nouveau Fonds de diversification pour un Canada fort, destiné à soutenir les entreprises touchées par les droits de douane et qui ont des projets prêts à démarrer soutenant le maintien du capital en continu.
«Lorsque les États-Unis ont exigé trop et offert trop peu, nous avons choisi de défendre les intérêts de la population canadienne. Nos contre-mesures tarifaires équivalentes au dollar près et au taux près ainsi que notre ensemble de mesures de soutien de plusieurs milliards de dollars protégeront les travailleurs, les agriculteurs, les familles et les entreprises, alors que nous bâtissons une économie canadienne plus forte, plus résiliente et plus diversifiée», a conclu François-Philippe Champagne.