Dans un premier temps, la fédération a salué les mesures de soutien financier supplémentaires en réaction à l'accroissement des tarifs américains de la section 232 sur l'acier, l'aluminium et le cuivre. Toutefois, dans un deuxième temps, la FCCQ a argué que les critères d'admissibilité à ces fonds étaient à revoir pour qu'ils répondent pleinement aux besoins en liquidités d'urgence des entreprises les plus lourdement touchées.
«Les mesures annoncées aujourd'hui sont bienvenues pour les entreprises qui sont moins lourdement touchées parce qu'elles pourront obtenir des prêts à taux préférentiels. Pour les entreprises dont la survie est actuellement menacée, en revanche, c'est insuffisant. Elles ont besoin des liquidités nécessaires au maintien de leurs opérations courantes, pas de s'endetter davantage ou de procéder à des investissements dont les retombées ne se feront sentir qu'à moyen ou long termes», a expliqué Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ.
Rappelant que les tarifs appliqués à la valeur totale des produits exportés aux États-Unis depuis le 6 avril a provoqué qu'un «très grand nombre d'entreprises voient leurs marges de profit disparaître entièrement et craignent ou subissent déjà des pertes de contrats majeures aux États-Unis», l'association a suggéré à Ottawa un congé temporaire «utile» de remboursement du capital, jusqu'à l'abolition des tarifs en vigueur.
La FCCQ estime aussi qu'il est «crucial que la viabilité » des entreprises» déposant des demandes soit évaluée antérieurement à l'application ad valorem des tarifs 232.
Quant aux 500 M$ accordés pour la relance de l'Initiative régionale de réponse tarifaire (IRRT), la fédération affirment qu'ils «sont également bienvenus», mais déplore que «ce programme n'offre du financement non-remboursable que pour 1 M$ ou moins et ne finance que des projets d'investissements».
Enfin, le regroupement réclame qu'Ottawa durcisse le ton face aux Américains.
«La FCCQ demande enfin le rétablissement immédiat des remises automatiques des contre-tarifs canadiens sur l'acier américain pour tous les secteurs manufacturiers, ainsi que leur maintien jusqu'à l'abolition complète de ces surtaxes. Dans le même esprit, les remises des surtaxes sur l'aluminium américain devront être prolongées au-delà du 30 juin prochain, et ce tant que ces contre-tarifs seront en place. Alors que nos transformateurs sont frappés de plein fouet par les tarifs punitifs américains, il est contreproductif et même dommageable d'en rajouter une couche en surtaxant leurs intrants à notre tour», a énuméré la fédération.