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Rencontre d'information

Le point sur le dossier de l’eau à Saint-Antoine-de-Tilly

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Photo: Mélanie Labrecque

06 mai 2026 03:21

Une centaine de personnes, ainsi que les trois candidats à la mairie, se sont rassemblées hier soir au gymnase du Centre communautaire de Saint-Antoine-de-Tilly pour assister à une rencontre d’information sur le dossier de l’eau. L’ingénieur responsable du dossier est venu faire le point sur l’avancement des dossiers de l’eau potable et des eaux usées.

L’ingénieur de la Fédération québécoise des municipalités qui accompagne Saint-Antoine-de-Tilly, Yannick Castel-Girard, a fait un bref historique des deux dossiers ainsi que de leur état d’avancement avant d’expliquer aux citoyens présents les étapes à venir.

Dans le cas du dossier de l’eau potable, son avancement dépendra des levés géophysiques réalisés ce printemps sur le site près de la rivière Bourret.

À la suite de l’obtention de ces résultats, le site pourra être choisi, les demandes à la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) doivent être faites. Une fois cette autorisation obtenue, il y a l’acquisition du terrain, le lancement d’appels d’offres pour les plans et devis, les demandes au ministère de l’Environnement et au ministère des Affaires municipales. Une fois qu’ils auront donné leur feu vert, la Municipalité pourra lancer les appels d’offres pour la construction. Toutefois, aucun échéancier ne peut être fixé.

Les travaux prévoient le raccordement du troisième puits et le remplacement de la conduite d’amenée, la construction d’un nouveau bâtiment technique pour le traitement de l’eau et la mise aux normes du réservoir existant.

Actuellement, la capacité journalière de production des deux puits de Saint-Antoine-de-Tilly est de 674 m3 par jour. La consommation quotidienne moyenne est, pour sa part, de 460 m3 par jour.

Bien qu’il reste en apparence une certaine marge de manœuvre, les normes du ministère exigent que la production doive couvrir les besoins d’une consommation journalière maximale. «L’objectif est de s’assurer d’avoir assez de capacité pour pallier plusieurs journées de suite de consommation élevée comme, par exemple, en période de canicule», a expliqué M. Castel-Girard. À Saint-Antoine-de-Tilly, la capacité maximale est évaluée à 1 100 m3 par jour, ce qui laisse un manque à gagner de 426 m3 par jour.

«C’est sur que si on fait comme si de rien n’était, on a un risque de surexploiter l’aquifère et d’éventuellement perdre en qualité et en quantité. C’est le plus gros risque», a poursuivi M. Castel-Girard, ajoutant que le réservoir doit toujours contenir une quantité minimale d’eau pour répondre aux besoins du service de sécurité incendie.

Eaux usées

Initialement, le dossier des eaux usées devait être mené conjointement avec celui de l’eau potable. Cependant, en raison des retards accumulés, les projets ont été séparés pour être menés de façon indépendante.

Actuellement, la municipalité, tout comme 81 autres au Québec, contrevient aux normes en rejetant ses eaux usées dans le fleuve. Ainsi, la Saint-Antoine-de-Tilly veut construire une usine d’épuration des eaux usées pour traiter les eaux du secteur village et des Fonds. Elle veut également renouveler les conduites en mauvais état et installer un égout pluvial séparé ainsi que prolonger le réseau d’égout dans certains secteurs.

Deux options seront étudiées. La première compterait deux systèmes séparés, l’un pour le village, l’autre pour les Fonds. L’avantage principal, c’est qu’il y aura moins de conduites, mais, de l’autre côté, cela fait deux systèmes à entretenir et deux terrains à trouver.

L’autre option est celle d’un système centralisé qui permettrait de pomper toutes les eaux usées à une usine centrale. Dans ce cas, deux technologies sont étudiées, celle des étangs aérés et celle d’un réacteur biologique séquentiel.

En 2015, le coût de ce chantier avait été estimé à 23 M$. Une estimation ajustée à 2026 n’a pas été présentée, mais 95 % de la facture sera couverte par une subvention, a souligné l’ingénieur responsable du dossier. Par ailleurs, Yannick Castel-Girard a indiqué que si tout se déroule comme prévu, la construction pourrait commencer en 2029.

Période de questions

Les citoyens ont également eu l’occasion de s’exprimer sur les deux enjeux. Certains ont déploré le peu d’avancement par rapport aux dernières années. «Il y a 30 ans, on avait les mêmes questions», a illustré un citoyen.

Les interrogations des citoyens ont porté, entre autres, sur la capacité réelle du site de la rivière Bourret. Un citoyen a même montré une vidéo qu’il a captée du cours d’eau alors qu’il était presque à sec. On lui a répondu que les recherches se font dans le secteur de la rivière.

D’autres se sont inquiétés des coûts liés aux projets et ont demandé de quelle façon seraient appliquées les subventions. Ce sera 95 % des coûts réels, après l’ouverture des soumissions.

Un autre a voulu savoir si les calculs avaient pris en compte les coûts d’entretien après la construction. Yannick Castel-Girard a indiqué que oui. Un autre citoyen a demandé si la municipalité pouvait faire quelque chose pour accélérer le processus. On lui a indiqué que ce n’était pas possible.

La question des étangs aérés, de la concentration de manganèse dans l’eau des puits actuels, l’aménagement possible d’étangs aérés, l’agrandissement du réservoir d’eau actuel et la protection de la zone agricole ont aussi été soulevés par les citoyens présents.

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