jeudi 3 avril 2025
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Semaine des TS

Un milieu plus rare pour les travailleurs sociaux

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Le local Pivot, où les jeunes participent aux ateliers, se veut plus conviviale qu’une classe régulière. - Photo : Courtoisie

02 avr. 2025 05:32

Léa Richard œuvre comme travailleuse sociale (TS) à l’École secondaire Champagnat. Alors qu’elle est parmi les seules à occuper ce poste pour le Centre de services scolaire des Navigateurs (CSSDN), à l’occasion de la Semaine des TS qui s’est tenue du 23 au 29 mars, le Journal s’est entretenu avec elle sur son travail et un projet qu’elle mène de front sur le décrochage scolaire.

À travers le CSSDN, Léa Richard est l’une des trois travailleuses sociales à être officiellement en fonction, toutes écoles confondues. Pourtant, son rôle se veut différent des autres membres du personnel de soutien que l’on voit plus fréquemment dans les écoles comme les orthopédagogues, les psychoéducateurs ou encore les techniciens en éducation spécialisée.

«(En tant que travailleurs sociaux), on apprend vraiment à aller explorer l’environnement du jeune. Le but c’est d’aller voir ce qui cloche pour aussi travailler sur la personne elle-même, explique Léa Richard. On vient offrir aux jeunes un suivi psychosocial, un suivi à long terme parfois. Quand ils viennent dans mon bureau et qu’ils parlent de leurs problèmes, ça leur fait tellement du bien. Je pense que ça vaut tout l’or du monde.»

Une partie de son travail consiste également à faire des liens entre différentes personnes qui gravitent dans l’environnement des adolescents comme leurs enseignants, l’orthopédagogue, la direction, le CLSC et parfois les parents.

Contrer le décrochage scolaire

De son côté, Léa Richard a été spécifiquement engagée pour travailler sur le projet Pivot : un programme d’aide pour les jeunes à risque de décrochage scolaire. Son objectif : travailler la motivation de ces élèves, leur permettre de développer leur confiance en eux et leur faire vivre de petites réussites.

Ce sont 20 élèves qui prennent part actuellement au projet. Ils participent à des rencontres individuelles environ une fois par semaine, en plus d’avoir accès à des ateliers de groupe portant sur divers sujets comme la gestion des émotions ou les saines habitudes de vie.

L’école Champagnat ne comptant que des élèves de première et deuxième secondaire, un défi supplémentaire à la motivation est présent parmi le groupe : ils ont l’obligation légale d’aller à l’école.

«En secondaire 1 et 2, la motivation n’est pas là et ils ont l’obligation d’aller à l’école. En secondaire 3-4-5, ils ont plus d’opportunité de vraiment se diriger vers leur avenir dépendamment de ce qu’ils veulent faire. Le parcours scolaire régulier n’est pas fait pour tout le monde. Des DEP ou d’autres sortes de formations peuvent être plus adaptés pour eux», souligne la travailleuse sociale.

Une des techniques pour travailler la motivation qu’elle utilise dans le projet Pivot est d’aller réfléchir et développer avec les adolescents leurs motivations intrinsèques pour venir à l’école, que ce soit en explorant les possibilités d’avenir ou en les encourageant à décrire eux-mêmes pourquoi cela est important pour eux.

«C’est normal que ce ne soit pas les mathématiques ou le français qui motivent ces jeunes à aller à l’école. On essaie de voir s’ils peuvent s’inscrire à une activité parascolaire,par exemple», ajoute-t-elle.

Le manque de motivation peut aussi être basé sur un manque de ressources. Léa Richard peut rediriger les élèves vers les bonnes ressources comme de l’aide individuelle dans certaines matières scolaires.

Depuis janvier, elle a également accueilli des membres de la communauté lévisienne qui, bénévolement, sont venus présenter leur métier aux jeunes afin de les aider à découvrir ce qu’ils voudraient faire plus tard.

Léa Richard poursuivra ce projet dans les années à venir à l’École secondaire Champagnat. Elle espère que la profession de travailleur social devienne plus présente dans les écoles afin d’offrir des opportunités comme celles-ci à plus d’élèves du CSSDN.

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