Léon Aubin et Clémence Lacroix accompagnés de leurs fils Frédéric et Clément. (Crédit photo : Fonds Léon Aubin)

PATRIMOINE. Lorsque l’on pense à la pêche aux petits poissons des chenaux, on l’associe souvent au village de Sainte-Anne-de-la-Pérade. Pourtant, jusqu’au début des années 1980, plusieurs pratiquaient cette activité dans la MRC de Lotbinière, notamment à Saint-Antoine-de-Tilly où le père de Frédéric Aubin, Léon, et plus tard son frère installaient leur cabane à pêche dans les fonds, entre le quai et la rivière Bourret.

Chaque hiver, entre Noël et le jour de l’An, et jusqu’au mois de mars, un petit village d’une dizaine de cabanes faisait son apparition sur le littoral. Ces maisonnettes appartenaient à citoyens de Saint-Antoine-de-Tilly qui profitaient de cette période de l’année pour passer du bon temps en famille et pêcher du poisson.

«Dans les années 1970, à Saint-Antoine, c’était très populaire. Lorsque la glace était assez solide, les gens transportaient à l’aide de leur motoneige une petite cabane en bois isolée avec un poêle de fonte. Mon père creusait un trou à la scie mécanique et installait la cabane par-dessus. On isolait le tout avec de la neige pour bloquer le vent», se souvient M. Aubin qui y a passé plusieurs hivers de son enfance.

Deux fois par jour, au rythme des marées que ce soit tard le soir, la nuit ou tôt le matin, les pêcheurs se rendaient à leur cabane. «Le trou gelait d’une fois à l’autre. On arrivait un peu à l'avance, on le déglaçait et on chauffait la cabane. Pendant ce temps, la marée avait le temps de remonter.»

Abondance

 Une barre de bois cloutée, du fil à pêche, un hameçon simple, une pesée de plomb et du foie de porc congelé en guise d’appât suffisaient pour attirer la "mouroche". Et du poisson, il y en avait. M. Aubin se souvient de pêches où les membres de sa famille pouvaient attraper quelques centaines de poissons par marée. «On sortait notre poisson, on le décrochait de la ligne on le lançait par la porte et il gelait instantanément.»

Certains étaient remis à l’eau, mais d’autres étaient cuisinés et mangés. «Mes parents en donnaient beaucoup. Les gens connaissaient ça et voulaient en avoir.» Même si aujourd’hui, il aime manger régulièrement différents poissons, à l’époque, il se souvient qu’il n’appréciait pas particulièrement la chair remplie d’arêtes des poulamons.

Expériences mémorables

De ces parties de pêches, Frédéric Aubin se souvient particulièrement du silence brisé par le son de la glace. «Lorsqu’elle se soulève et redescend. Elle semble vivante, elle bouge.» Il se remémore aussi les voyages à motoneige qu’il faisait avec son père pour rejoindre la cabane.

Malgré les risques que représente une telle activité, il dit ne s’être jamais senti en danger. Il a appris à marcher sur la glace et à contourner l’eau qui envahissait les sentiers. 

Pourtant, certains adeptes ont eu quelques sueurs froides, rappelle-t-il. «Je me souviens, une nuit alors qu’il ne faisait pas beau, on ne voyait pas les lumières du littoral. Certains sont partis à motoneige en direction du large. Ils s’en sont aperçus à temps et ont pu revenir.»

Aussi, avant sa naissance, en décembre 1960, quatre jeunes ont dérivé pendant plusieurs heures sur le fleuve lorsqu’une partie de la glace sur laquelle était installée leur cabane s’est détachée de la rive.

Ils ont été sauvés par la Garde Côtière plusieurs heures après le début de leur mésaventure, à la hauteur du pont de Québec.

Une tradition qui s’est éteinte

 La pêche sur glace a été pratiquée pendant une bonne partie du 20e siècle, peut-être même depuis plus longtemps. Pourtant, au début des années 1980, elle a tout bonnement cessé.

«Ça s’est mis à décliner. Je pense qu’à un moment, ç’a tout simplement arrêté de mordre», a constaté M. Aubin.

Léon Aubin et Clémence Lacroix accompagnés de leurs fils Frédéric et Clément.
(Crédit photo : Fonds Léon Aubin)


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