Ariane B. Louis-Seize et Roby Gobeil. (Crédit photo: Émilie Pelletier)

RÉCOLTES. Si quelques pratiques traditionnelles comme le fait de cultiver un jardin ont été délaissés au fil du temps, la tendance veut que les gens en reviennent à la base. Arrivés de l’Estrie en novembre 2018 pour s’établir à Sainte-Agathe-de-Lotbinière, Ariane B. Louis-Seize et Roby Gobeil songent à populariser davantage leur mode de culture, la semence artisanale.

Par Émilie Pelletier – Collaboration spéciale

C’est avec un souci pour la santé et pour l’environnement que les artisans semenciers ont débuté leur projet, le Jardin des vie-la-joie, il y a trois ans. Un destin inattendu pour ceux qui ont finalement choisi de partager le produit de leurs connaissances au grand public.

Après l’achat de leur maison et du grand terrain sur lequel elle est située, le couple d’entrepreneurs a créé de vastes jardins, dans lesquels ils ont semé des plantes, des fleurs et une variété de légumes.

Ce qui les distingue notamment de leurs voisins agriculteurs, c’est qu’ils n’utilisent ni machinerie ni pesticides «nocifs pour la terre». Selon les jardiniers, c’est surtout un souci économique qui empêcherait les producteurs de masse d’entamer une transition comme la leur.

«On prône l’artisanal, donc tout est fait à la main ; on récolte à la main, on vanne à la main avec des techniques qui sont respectueuses de l’environnement. Au lieu de mettre des produits chimiques, on met des toiles et des filets pour éviter de perdre des récoltes», explique fièrement la jeune femme, qui possède un bagage en santé.

Conscientisation graduelle

En faisant des essais pour tester le marché, ils ont commencé à se spécialiser dans la plante médicinale. Dans les fêtes de semences, où les semenciers se rassemblent annuellement pour vendre leurs cultures, ce virage s’est avéré populaire auprès des jardiniers, qui apprécient aussi leurs enveloppes de papier recyclé et tout leur matériel conceptualisé de façon artisanale.

«Étonnement, les gens sont très intéressés à soigner les petits bobos du quotidien eux-mêmes et à être autonomes avec leur santé. Les gens réalisent que c’est accessible, parce que traditionnellement, c’est comme ça qu’on soignait», précise la naturopathe-herboriste, heureuse de constater un certain retour à la naturalité.

D’ailleurs, cette naturalité se constate dans toutes leurs méthodes, bien adaptées aux changements climatiques. Roby estime par exemple que le fait de ne pas arroser fréquemment «endurcit les semences et favorise la création de génétiques plus résistantes, tout en offrant une autonomie aux gens qui vont planter les semences par la suite.

Travailler à l’année

C’est un bilan positif qu’ils dressent de leur premier été passé à la résidence de Sainte-Agathe-de-Lotbinière, avec des jardins productifs et une multitude de projets en tête. Les pertes encourues ne leur font pas peur, eux qui estiment que la terre s’endurcira graduellement, au fil des saisons.

L’heure est donc aux récoltes automnales et à l’ensachage des semences avant les regroupements de semenciers en février. Ils comptent éventuellement agrandir leurs lots de semences pour afficher une plus grande variété de production et peut-être même offrir des consultations en transformant les plantes médicinales et en les proposant à leurs clients.

Tout est fait de façon artisanale au Jardin des vie-la-joie, situé à Sainte-Agathe-de-Lotbinière.

(Crédit photo : Courtoisie - Jardin des vie-la-joie)

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