(Crédit photo : Mélanie Labrecque)

POLITIQUE. La Municipalité de Lotbinière s’est retrouvée dans une situation inusitée le 1er octobre dernier, à 16h31. Personne ne s’était manifesté pour solliciter le poste de maire ainsi que cinq des six sièges de conseillers. Quelques jours après la fin de la période de mise en candidature, le maire sortant, Jean Bergeron, a confirmé qu’il briguerait de nouveau la fonction de maire lorsque le processus électoral sera remis en branle.

Rappelons que Jean Bergeron avait indiqué, cet été, que le mandat qui s’achevait serait son dernier. Cependant, la situation actuelle lui a fait reconsidérer sa position. «J’ai pris la décision de revenir. Je ne veux pas laisser un siège vide. […] J’ai décidé de revenir pour un dernier mandat de quatre ans», a-t-il soutenu. Il ajoute au passage que ce nouveau cycle électoral donnera le temps à des équipes de se préparer pour la prochaine élection.

«Il y a un bon intérêt pour l’aspect politique dans la population. Si l'on regarde l’assistance des assemblées (entre 15 et 20 personnes), ce qui se dit sur le groupe Facebook de la municipalité, on voit qu’il y a un intérêt. Ce qui est étonnant, c’est qu’il ne se transforme pas en implication.»

Pour M. Bergeron, le monde municipal doit se demander pourquoi il y a eu peu d’intérêt pour la fonction d’élu municipal cette année. Près de 600 maires (sur 1 102) au Québec ont été élus sans opposition tout comme 4 184 (sur 6 944) conseillers. De plus, Lotbinière n’est pas la seule ville dans sa situation. Au Québec, 11 municipalités n’ont reçu aucune candidature pour le poste de maire. De plus, 111 postes de conseillers sont toujours à l’enjeu.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer, selon lui, ce désintérêt et il faut chercher à savoir pourquoi. «Il y a quelque chose qu’on n’a pas compris, qu’on n’a pas vu venir et qu’il faut regarder comme il faut», a-t-il analysé.

Actuellement, à Lotbinière, un seul élu a été reconfirmé dans ses fonctions. Le conseiller Sylvain Pillenière a été élu sans opposition. Quant à Philippe Jean, il a lui aussi décidé de revenir au conseil municipal.

Intérim

Jean Bergeron a confirmé avoir été surpris de constater que personne ne se solliciterait le poste de maire à la fin de la période de mise en candidature. «Je ne m’attendais pas à ça. Je croyais qu’il y aurait des dépôts de dernière minute. Quand j’ai vu, vendredi, à la toute fin de l’après-midi qu’il n’y avait personne, j’étais vraiment sidéré

Actuellement, «la municipalité n’est pas mise en tutelle», a assuré M. Bergeron. Le conseil actuel assurera l’intérim jusqu’à un maximum de quatre mois, le temps qu’un nouveau processus électoral soit mis en branle.

«Nous ne serons pas là pour prendre de grandes décisions pour le prochain conseil. Nous allons prendre des décisions qui feront rouler la municipalité. Ce n’est pas le temps de prendre des grandes orientations.»

Par ailleurs, la séance du conseil municipal du 5 octobre a permis de faire le point avec la population. Une trentaine de personnes s’étaient déplacées pour avoir des réponses à leurs questions.

Nouvelle élection

Dans le cas où le directeur d’élection d’une municipalité n’a reçu aucune candidature pour le poste de maire et des sièges de conseillers, il est autorisé à reprendre le processus électoral. Selon la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités, il doit dans les 30 jours suivants, fixer un nouveau jour de scrutin parmi les dimanches compris dans les quatre mois de cette constatation.

Si personne ne se manifeste au terme de cette tentative, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation peut nommer une personne éligible au poste ou ordonner le recommencement des procédures.

 

 

 

 

 

Les plus lus