Photo : George Arthur Pflueger - Unsplash

SOCIÉTÉ. Qu’ils habitent en appartement ou en centre d’hébergement, les aînés peuvent souffrir d’un isolement social. L’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) pourrait leur permettre d’entrer en contact avec le monde extérieur. Pourtant, le sujet a été peu étudié. C’est ce qui a alimenté la réflexion de la journaliste indépendante Eugénie Emond dans la réalisation de son mémoire de maîtrise en gérontologie qu’elle a déposé en juin dernier.

«L’isolement social, c’est un problème de santé publique. […] C’est prouvé, ça augmente les risques de contracter certaines maladies», explique la citoyenne de Saint-Antoine-de-Tilly.

Les résultats qu’elle a obtenus montraient qu’en jumelant 5 jeunes de 18 à 30 ans et 5 aînés que la technologie permettait la «construction d’une relation significative» entre un jeune et un aîné qui ne sont pas parents. Aussi, elle favorisait les échanges et les discussions sur différents sujets.

«J’ai été surprise, il y en a qui ont développé beaucoup d’affinité et étaient étonnés de s’entendre si bien avec une personne aînée. D’autres avaient des aprioris et pensaient que la personne serait campée sur ses opinions, notamment sur la question environnementale, mais ce n’était pas le cas.»

Le contexte a également aidé les jeunes à prendre conscience des conséquences de l’isolement social et de l’importance de le briser. «Lorsque tu parles à quelqu’un qui habite en résidence et qui a perdu dans la même année cinq frères et sœurs et de la solitude qu’il ressent, ça met un visage sur cette problématique», illustre Mme Émond.

Aussi, l’utilisation d’une tablette ou d’un ordinateur devient un facilitateur. Une rencontre virtuelle est plus adaptée au mode de vie des jeunes, mentionne Eugénie Emond. Du côté des aînés, il met une certaine distance entre les participants et permet la préparation d’une rencontre en face à face. D’ailleurs, certains ont manifesté le désir d’entrer en contact au-delà du contexte académique.

La recherche

Pour sa recherche, elle s’est demandé le rôle que pouvaient jouer les TIC pour briser cet isolement et créer des ponts entre les générations.

Elle a donc a jumelé cinq paires composées d’une aînée et d’un jeune âgé de 18 à 30 ans. Les duos provenaient de Québec, de Lévis et de la MRC de Lotbinière et habitaient dans leur propre appartement ou en centre d’hébergement. Mme Emond les invitait à entretenir des discussions d’une heure par vidéoconférence (Skype). Les sujets de conversation étaient libres et elles se sont déroulées en 2019.

La crise sanitaire qui a commencé quelques mois plus tard a montré la pertinence de s’attarder à la question. «Plus récemment, la pandémie de COVID-19 a soulevé l’urgence de mettre en œuvre différentes activités virtuelles pour favoriser les liens sociaux, l’entraide et le bien-être», a soutenu Eugénie Emond dans son mémoire.

Elle rappelle que ce sont les aînés en CHSLD et en RPA qui étaient les plus vulnérables à l’isolement social.

Pendant leur fermeture aux visites extérieures, des tablettes avaient été distribuées dans certains de ces centres. Toutefois, comme elle l’a aussi remarqué dans sa recherche, les responsables de ces établissements ont constaté qu’il y a des freins à l’utilisation de ces instruments. «Ça prend quelqu’un pour expliquer comment ça fonctionne, quelqu’un pour tenir la tablette si l’aîné a un problème de motricité. Cependant, une fois que la technologie est installée, le dialogue s’opère.»

Des applications concrètes

Eugénie Emond voit dans l’utilisation des TIC des avantages pour les organismes communautaires qui s’occupent des aînés.

«Le Carrefour des personnes aînées de Lotbinière a participé et sans doute qu’il pourrait être intéressé à la réalisation de projets en ligne. Ce travail montre que c’est possible. […] Ce n’est pas compliqué. Sans dire que ça brise complètement l’isolement, j’ai vu, surtout chez les personnes qui étaient seule, comment la rencontre les avait ragaillardis. Même si ça ne perdure pas, c’est déjà beaucoup.»

En raison du petit échantillonnage de 10 participants, cinq jeunes et cinq aînés, il est difficile d’appliquer les résultats à l’ensemble de la population aînée. Il peut toutefois alimenter certaines pistes de réflexion, estime-t-elle.

«On pourrait l’essayer avec des gens isolés, des personnes avec des troubles cognitifs et voir comment ils se débrouillent. Il ne faut pas seulement le limiter aux personnes en forme.» Malgré certains troubles, il est possible pour ces aînés de pouvoir entretenir une relation.

 

 

 

 

 

 

 

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