(Crédit photo : Courtoisie)

ÉCONOMIE. La région de la Chaudière-Appalaches basculera dans la zone rouge le 1er octobre. Ce niveau d’alerte signifie également un rehaussement des restrictions, notamment la fermeture des salles à manger des restaurants. À bout de souffle et confrontée au manque de personnel provoqué le contexte actuel, Sylvie Fisette, la propriétaire du restaurant Le St-Octave, à Dosquet, n’a pas attendu les consignes gouvernementales et avait déjà confirmé son intention de fermer sa salle à manger.

Si son plan initial était de se concentrer les livraisons et les commandes à emporter dès cette semaine, elle a décidé de le retarder avec l’entrée en zone rouge.

«L’annonce d’hier m’a encore déstabilisée. Je vais fermer complètement pour une semaine, ou deux, le temps de retomber sur mes pieds. Mon énergie est au plus bas, donc je vais recharger mes batteries et réorganiser mon entreprise.» Elle reprendra ses activités au terme de ce moment de repos.

Mme Fisette a confirmé en entrevue qu’elle n'abandonnera pas. «La fermeture définitive n’est pas une solution envisageable. J’ai de la répartie et je vais me réinventer. Mon énergie, j’aurais aimé la mettre ailleurs plutôt que de me réinventer continuellement. Je ne vais pas laisser mon entreprise sombrer parce que tout ce que j’ai dans la vie, je l’ai mis là. C’est certain que je vais me battre pour ne pas la perdre.»

Cri du cœur

S’il allait de soi, en mars dernier, de ralentir ses activités, la situation est toute autre maintenant, estime-t-elle. «J’ai choisi de fermer le 22 mars, parce que ma conscience sociale ne me permettait pas d’opérer. J’avais l’impression que je contribuais à ce qu’il y ait moins de décès ou de personnes malades. Aujourd’hui, je crois que les décisions du gouvernement créent plus de dommages collatéraux que la COVID-19.»

Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook le 26 septembre, la restauratrice a lancé un cri du cœur au gouvernement du Québec et au ministre de la Santé, Christian Dubé. «Aujourd’hui, je suis en colère, je suis vraiment en colère», a-t-elle laissé tomber.

Elle y explique, entre autres, que tout le climat d’incertitude, la Prestation canadienne d’urgence et les fermetures de certaines classes dans les écoles provoquent d’importants dommages dans la communauté et ont eu un impact direct sur ses employés et sur son entreprise.

Un enfant retiré d’une classe et contraint de subir un test de la COVID-19 devra rester à la maison avec ses parents en attendant le résultat et ils ne peuvent pas aller travailler. C’est ce qui est arrivé à l’une de ses employées. «Ç’a pris sept jours avant qu’il ait son résultat et il était négatif. Pendant ce temps, le petit garçon pleurait et ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait et mon employée était mal parce qu’elle savait que j’écopais», a-t-elle illustré.

Économie mise à mal

Tout ce climat d’incertitude, ajoute-t-elle, provoque un stress chez les entrepreneurs qui doivent constamment vivre avec cette «bombe» au-dessus de leur tête, malgré tous les efforts faits depuis six mois.

«On se sent toujours sous la menace. On ne sait plus sur quel pied danser. On ne prend plus de décision. D’un autre côté, on respecte les normes. J’ai la santé des gens à cœur. Je ne suis pas là pour les rendre malades. […] Les pertes, c’est irrécupérable. Ça ne reviendra jamais», a-t-elle poursuivi.

Le restaurant de Mme Fisette employait 35 personnes avant la mise sur pause du Québec en mars, ce qui, selon elle, est très significatif dans une municipalité d’un peu moins de 1 000 habitants. Tout juste avant de fermer sa salle à manger à la fin septembre, son personnel avait été réduit à une quinzaine d’employés.

 

 

 

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