Photo: Mélanie Labrecque

SOCIÉTÉ. Dans la MRC de Lotbinière, il y a un manque de logements abordables, sociaux et communautaires et il existe un important déséquilibre dans leur répartition. Depuis un premier portrait réalisé en 2019, la situation s’est détériorée. La Concertation Logement Lotbinière s'est penchée sur la question le 11 mai en présentant le projet Bâtir Lotbinière Ensemble à différents acteurs des secteurs de la santé, social, économique et politique afin de prendre conscience de cette réalité.

«Le but [de cette rencontre], c’est de sensibiliser notre milieu aux enjeux. Il faut s’en préoccuper. Si l’on veut que notre MRC se développe, le logement en est une condition essentielle», a analysé l’une des membres de la Concertation et directrice générale de l’Oasis de Lotbinière, Édith Lambert. Les participants ont démontré une belle ouverture selon elle. Les constats et les solutions qui ont été évoquées feront l’objet d’une nouvelle table de travail à l’automne.

Cette pression de la demande sur l’offre on ne la voyait pas il y a aussi peu que 5 ans. Elle s’explique par une multitude de facteurs, mentionne-t-elle. Cela va des séparations survenues pendant la pandémie, à l’arrivée de travailleurs étrangers où d’étudiants du Centre d’études collégiales à la hausse des loyers qui s’ajoutent aux autres augmentations liées à l’inflation.

Dans la MRC de Lotbinière, on compte 356 unités de logement social et communautaire (HLM et coopérative d’habitation). De ce nombre, 287 sont réservées aux aînés, 50 sont pour les familles (à Sainte-Croix et Saint-Agapit) et 19 peuvent accueillir autant des aînés que des familles et des personnes seules.

Au niveau des logements privés abordables, il y a une pénurie de 3 ½ et de 5 ½. Cependant, certains manquent d’entretien, d’insonorisation et présentent une isolation déficiente et plusieurs se trouvent dans des municipalités éloignées des services, ont constaté les organisations impliquées dans la Concertation.

«Oui, il y a des logements, mais ils ne sont pas nécessairement abordables. C’est très complexe comme question. Il y a les logements de promoteurs privés qui vont améliorer l’offre, mais il y a une préoccupation pour les gens qui ont un revenu limité. […] C’est difficile de se loger en ce moment.»

Si l’offre est plus importante pour les aînés, il y a encore des besoins. En plus des travailleurs et des étudiants, la demande est aussi forte chez les immigrants, les personnes seules de moins de 50 ans, les familles ainsi que les personnes en situation de vulnérabilité.

La situation dans les OMH

Ainsi, selon les besoins, le type d'appartement demandé et sa taille, le temps d’attente peut varier énormément. Certains peuvent patienter quelques années et d’autres doivent chercher dans d’autres MRC.

Quant aux listes d’attente, elles sont importantes. À l’Office municipal d’habitation (OMH) du Sud de Lotbinière, pour les logements réservés aux aînés (principalement des 3 ½), il y a 16 personnes ou couples en attente à Saint-Apollinaire, il y en a 15, à Laurier-Station, 13, à Saint-Agapit, 4, à Saint-Gilles, 2, à Saint-Patrice-de-Beaurivage, et 2, à Joly. De plus, certains attendent une place dans un 4 ½ à Sainte-Agathe (1), Saint-Patrice-de-Beaurivage (1), Saint-Narcisse-de-Beaurivage (1) et Saint-Gilles (1).

Pour les familles, à Saint-Agapit, une est en attente pour un 4 ½ et une autre pour un 6 1/2 , à Saint-Gilles, une demande pour un 4 ½ et à Saint-Apollinaire, une autre famille attend pour un 4 ½ ainsi qu'une autre pour un 6 ½.

À l’OMH du Nord de Lotbinière on indique qu’il y a aussi des listes d’attente et c’est la clientèle des 18 à 49 ans, principalement les personnes seules, qui peut attendre le plus longtemps. Ce délai est en moyenne d’un an.

Cependant, en raison de travaux de rénovation majeurs, l’organisme a suspendu la location des logements depuis quelques mois, ce qui fait grimper le temps d’attente.

Des conditions strictes

Par ailleurs, il ne suffit pas d’avoir besoin d’un logement abordable pour en avoir un. Avant d’y avoir accès, une personne doit déposer une demande à l’OMH de son secteur. Après l’évaluation de différents critères, dont celui du revenu, les gens obtiennent un logement ou sont placés sur la liste d’attente.

Toutefois, l’un des critères les plus sévères, ont constaté la Coalition et les OMH, est le seuil maximal de revenu annuel. En région rurale, il est à peine de 21 000 $ pour un couple ou une personne seule «Une personne qui travaille au salaire minimum à temps plein ne peut pas se qualifier», a noté Édith Lambert. D’ailleurs, les OMH déplorent le fait que des demandes sont refusées pour quelques dollars. À quelques kilomètres de là, dans le secteur de Saint-Étienne-de-Lauzon, ce seuil passe à 31 000 $ a-t-elle fait remarquer. «Dans les faits, il faudrait que les seuils soient revus, du moins, de les mettre au même niveau que ceux en milieu urbain.»

Obtention de nouvelles unités

La question semble simple : pourquoi ne pas construire plus de logements sociaux ? Pourtant, la réponse n’est pas si évidente. La répartition de nouvelles unités dans les habitations à loyer modique (HLM) incombe à la Société d’habitation du Québec (SHQ). Chaque année, le gouvernement accorde un nombre limité qui est attribué par la SHQ au terme d’un appel de projets. Montréal, Québec et Gatineau reçoivent d’office une partie de ces unités.

Par ailleurs, lorsqu’un projet est déposé à la SHQ, il peut s’écouler plusieurs années avant qu'il soit accepté par la SHQ et mis en chantier. «Le projet qui se réalise aujourd’hui a peut-être débuté il y a cinq ou six ans. Quand on parle de logement subventionné, il faut prévoir quelques années», a précisé Édith Lambert.

 

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