(Crédit photo : Courtoisie)

SOCIÉTÉ. La pénurie de main-d’œuvre affecte durement l’Association des personnes handicapées de Lotbinière (APHL). Une démission imprévue plonge l’organisation dans une fâcheuse situation où elle est forcée d’interrompre certains de ses services et pourrait en arrêter d’autres dans un proche avenir.

Actuellement, ce sont les activités de jour qui sont touchées. Si la situation ne s’améliore pas, l’APHL pourrait être obligée de revoir ou de suspendre les services de répits.

«Depuis le début de la pandémie, nous avions réussi à bien nous en tirer. Nous avons toujours eu juste assez d’employés pour fonctionner. Cependant, depuis cet été, on n’a pas été capable d’offrir tous nos services. Cet automne, avec la démission d’un employé et nos étudiants qui commencent à travailler pour le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS), [nous n’y arrivons plus]», a expliqué le directeur général de l’APHL, Michel Lemay.

Afin de combler les manques, Michel Lemay s’était d’abord tourné vers la Coopérative de solidarité de services à domicile de Lotbinière. Malheureusement, l’organisation doit également composer avec un manque d’employés. Quant aux agences, elles n’offrent pas les services dont aurait besoin l’APHL, ajoute-t-il.

C’est pour cette raison qu’il lance un cri du cœur à la population de la MRC de Lotbinière. L’APHL a besoin de trois à cinq employés pour pourvoir ses besoins : des étudiants de niveau collégial ou universitaire, des gens ayant une formation en éducation spécialisée ou en travail social ou qui ont de l’expérience avec les personnes handicapées. «Avec trois employés, je pourrais maintenir mes services et penser à en remettre d’autres en place.»

Par ailleurs, comme tous les autres secteurs liés au système de santé, les nouveaux employés devront être pleinement vaccinés. Jusqu’à présent, cela n’a pas représenté un enjeu puisque tous les travailleurs actuels ont reçu leurs deux doses de vaccin.

Un feu qui couve depuis longtemps

La problématique se dessine depuis un an et demi, illustre le directeur général. Habituellement, le roulement des employés est suffisant pour combler les besoins. Cependant, ce n’est plus le cas depuis plusieurs mois.

«Les services de répits de fin de semaine sont assurés par des étudiants. Lorsqu’ils finissent leur formation, nous les perdons puisqu’ils intègrent le marché du travail régulier. Normalement, ils demeurent deux ans chez nous, ils s’en vont et d’autres viennent prendre leur place. Ce qui est différent cette année, c’est qu’il n’y en a pas et je ne peux pas expliquer pourquoi. C’est ce qui fait que nous nous retrouvons dans cette situation.»

L’APHL dessert normalement une centaine de bénéficiaires aux prises avec différents types de handicaps. Actuellement, l’organisation assure uniquement les services essentiels, soit le répit, auprès d’une quinzaine d’entre eux.

«Depuis le début de la pandémie, nous ne pouvons pas les offrir parce qu’ils se déroulent en groupe. Nous avons concentré nos efforts sur les services de répit et d’hébergement. Les gens viennent ici pour une fin de semaine complète, mais ça prend des gens pour tenir tous les quarts de travail. On ne peut pas demander à une seule personne de tous les faire», a rappelé M. Lemay.

Avec ce cri du cœur, Michel Lemay veut également donner une voix aux personnes handicapées de la région qui ont lourdement été affectées par la crise de la COVID-19. «Plusieurs d’entre eux ont été confinés dans leur résidence ou CHSLD pendant un an et demi. C’est une clientèle qui va encaisser et qu’on n’entendra pas.» Quant à celles habitant dans leur famille, elles ont eu accès à très peu de services et ont été limitées aux services essentiels.

 

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