(Crédit photo: National cancer institute - Unsplash)

La pandémie a eu un impact mesurable sur la production scientifique des femmes : elle est en nette diminution en mars et avril 2020, par rapport aux deux mois précédents, ou à la période équivalente de 2019.

Isabelle Burgun — Agence Science-Presse 

Un recul qui rappelle que, même dans les milieux académiques, les femmes restent celles le plus souvent responsables du travail domestique et des enfants. En fait, notent les auteurs d’une analyse des recherches soumises aux serveurs de prépublication, les chercheurs « sontquatre fois plus susceptiblesd’avoir un partenaire engagé à temps plein dans le travail domestique » que leurs collègues chercheuses. Leur analyse statistique fait l’objet d’unbref articleparu le 19 mai dans la revue Nature.

Dans la même tempête, mais pas dans le même bateau. « C’est un recul de 10 ans que l’on vit avec la pandémie », soutient l’un des signataires, Vincent Larivière, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante à l’Université de Montréal. « Le déclin affecte particulièrement les jeunes femmes de science ayant des enfants encore petits, alors que les garderies et les écoles sont fermées. »

L’analyse de 327 902 prépublications montre des baisses particulièrement fortes pour les premières et les dernières auteures. Le secteur biomédical est particulièrement affecté, contrairement à la physique et au génie, où les femmes sont généralement moins présentes (15 à 20 % suivant les domaines). « En biologie, où elles sont deux fois plus nombreuses et dans le médical où elles le sont quatre fois — elles atteignent la parité avec les hommes — c’est là que l’on constate le recul le plus grand », relève le chercheur.

Les pandémies sont, d’après lui, de « super révélateurs » d’inégalités entre les hommes et les femmes, la principale inégalité étant ces tâches domestiques qui reposent encore trop souvent sur les épaules des femmes.

Pour la même raison, elles vont être moins portées à participer aux nouvelles études lancées autour de la Covid-19. « Elles ne sont pas capables “de se virer sur un 10 cents”, comme leurs collègues masculins », note encore le chercheur.

Vincent Larivière et ses deux collègues ont mis en place un outil de monitorage pour suivre en temps réel les publications des femmes de science sur les différentes plateformes de prépublication.

Dans l’après-crise, est-ce que le fait d’avoir moins publié pourrait leur nuire ? « Ça pourra influencer, d’une façon individuelle, la capacité à se trouver un poste, puisque le confinement a, pour certains, un effet à la hausse sur l’activité de recherche, et pour d’autres (les femmes), un effet à la baisse ».

Il faudra aussi remettre en place rapidement les structures comme les services de garde permettant aux jeunes scientifiques de pouvoir retravailler dans des conditions optimales. Mais aussi des structures capables de soutenir celles dont les conditions de travail et financières auraient pu être affectées par la crise sanitaire.

Un tableau trop sombre ?

L’anthropologue, éthicienne et professeure au département d’information et de communication de l’Université Laval, Florence Piron, juge cette étude intéressante, mais partielle. Intéressante, parce que d’un côté, elle vient confirmer et nuancer plusieurs articles, scientifiques ou journalistiques, qui ont fait le constat de cette diminution de la production des femmes scientifiques pendant le Grand confinement.

Elle confirme que « certaines de mes jeunes collègues mamans sont effectivement débordées et moins disponibles », mais elle tient à nuancer : « d’autres, au contraire, ont été dynamisées par leur intérêt pour la pandémie et ses enjeux. Je ne suis pas entièrement convaincue par le sombre tableau ainsi dressé », rappelle la fondatrice del’Association science et bien commun.

En fait, selon elle, pour bien comprendre la situation, il aurait plutôt fallu comparer les hommes et les femmes selon l’âge et réfléchir au lien entre âge et parentalité. « Est-ce que les jeunes hommes ont également été affectés par une baisse du nombre de leurs soumissions de prépublications par rapport aux hommes plus âgés ? Y a-t-il une différence entre les femmes plus jeunes, qui ont peut-être de jeunes enfants, et les autres ? Ce n’est pas aussi évident qu’on peut le croire. Les femmes sont-elles plus prudentes et préfèrent-elles mieux valider leurs données avant de déposer un texte ? »

L’experte pense que le temps et des données plus qualitatives permettront d’avoir une meilleure appréciation de l’impact de la pandémie sur le rôle des femmes en recherche.

Beaucoup publier n’a pas que des avantages

La pandémie a poussé les chercheurs à diffuser largement leurs prépublications. Si cela permet d’avoir rapidement accès à la recherche, il y a aussi des effets pervers : des données de faible valeur se retrouvent souvent montées en épingle par le grand public sur les médias sociaux. « Les chercheurs sont capables de critiques, pas les non-spécialistes qui adhèrent sans savoir aux conclusions préliminaires, comme on peut le voir avec l’étude de Didier Raoult », note Vincent Larivière. 

 

 

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