Mathieu Mathieu-Pépin a chuté de cette plateforme élévatrice, le 22 octobre 2018. Crédit photo : CNESST

SÉCURITÉ. Par voie de communiqué, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a rendu publiques, le 3 mars, les conclusions de son enquête sur l’accident du travail qui a coûté la vie à Mathieu Mathieu-Pépin, soudeur pour l’entreprise Carrière Ray-Car, une division de Sintra, le 22 octobre 2018, à Saint-Flavien.

Par Érick Deschênes – Collaboration spéciale

Rappelons que le soir de l’accident, M. Mathieu-Pépin, un résident de Saint-Georges-de-Beauce âgé de 36 ans, devait effectuer la vérification des courroies des organes de transmission d’un convoyeur à l’aide d’un appareil de levage de travailleurs.

Prenant place au poste de commande de la plateforme de l’appareil dont la flèche était déployée à une hauteur approximative de 11 mètres, Mathieu Mathieu-Pépin a déplacé l’appareil pour effectuer sa tâche.

Lors de ce déplacement, la roue motrice gauche a roulé dans une cavité de 7,6 centimètres de profondeur ayant pour effet de déstabiliser et d’éjecter le travailleur, qui ne portait pas de harnais. M. Mathieu-Pépin a fait une chute de 11 mètres. À l’arrivée des services d’urgence sur place, il a été transporté à l’hôpital, où malheureusement son décès a été constaté.

Causes de l’accident 

 À la suite de son enquête, la CNESST a retenu trois causes pour expliquer l’accident. D’abord, l’arrêt brusque et la rotation de l’appareil de levage, lorsque la roue motrice gauche s’est engagée dans une cavité, ont conféré à la plateforme ainsi qu’à la flèche des déplacements et des vitesses suffisamment importants pour éjecter le travailleur. Ensuite, le travailleur a chuté d’une hauteur approximative de 11 mètres à partir de la plateforme, lors du déplacement de l’appareil de levage sur un sol accidenté.

Enfin, la CNESST estime que la supervision du port du harnais de sécurité par le travailleur à bord de la plateforme était déficiente. À la suite de l’accident, la CNESST a interdit l’utilisation de l’appareil de levage aux fins d’enquête et d’inspection mécanique.

Après l’inspection, la CNESST a autorisé l’utilisation de la plateforme élévatrice. De plus, des correctifs ont été demandés quant à la vérification de la pression des pneus de la plateforme élévatrice, l’élaboration d’une procédure concernant le déplacement de la plateforme élévatrice lorsque la flèche est déployée et une meilleure supervision du port du harnais de sécurité et de sa liaison antichute à bord de l’appareil. Soulignons d’ailleurs que l’employeur s’est conformé à ces exigences.

Suites

Ainsi, pour éviter un tel accident, la CNESST recommande notamment que les travailleurs qui utilisent une plateforme d’un appareil de levage de porter toujours un harnais de sécurité lors de la conduite d’un tel véhicule. Du même souffle, la CNESST a rappelé que par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

À titre de prévention, la CNESST enverra son rapport à l’Association de la construction du Québec (ACQ), à l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), à l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ) et à l’Association patronale des entreprises en construction du Québec (APECQ) pour les informer de ses conclusions.

Aussi, la CNESST informera les centres de location de plates-formes élévatrices qui offrent de la formation des conclusions de l’enquête.

Finalement, le rapport d’enquête sera transmis au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur pour diffusion, à titre informatif et à des fins pédagogiques, dans les établissements de formation professionnelle des métiers de l’industrie de la construction.

 

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