(Crédit photo: Archives)

ACÉRICULTURE. Alors que les premières températures caniculaires viennent tout juste de frapper la région, les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) ont tracé le bilan de la dernière saison. Sous la moyenne autant au Québec que dans la région Appalaches-Beauce-Lotbinière, la récolte 2021 aura été marquée par les aléas de Dame nature.

Le nord de la MRC de Lotbinière est, selon le président de la région acéricole Appalaches-Beauce-Lotbinière, Francis Lessard, la zone qui s’en est le mieux tirée. Cependant, l'écart de production avec les autres secteurs est relativement marginal.

«D’habitude, on voit une différence au niveau des érablières froides et des érablières chaudes. Cette année, il n’y en a pas réellement eu. C’était partout pareil.»

Les poussées de chaleur printanières ont eu une grande influence sur le volume et le taux de sucre des coulées. Elles ont été généreuses en quantité, mais pauvres en sucre. «Peu de producteurs ont dépassé les deux brix dans l’eau pendant l’ensemble de la saison. […] Cette année, pendant pratiquement toute la saison, nous avons eu des taux de 1,5 ou 1,7 brix. Certains sont même descendus à 1,2 ou 1,3. On parle presque du double de volume d’eau pour produite la même quantité de sirop. C’est ce qui a fait diminuer le rendement.» Si les taux de sucre s’étaient maintenus dans la moyenne, la production aurait été très bonne cette année, mentionne-t-il.

Le faible taux de sucre et les épisodes de chaleur ont aussi eu un impact sur la couleur avec un sirop un peu plus foncé que ce qui était anticipé. «Nous avons eu du doré sur une courte période avant de descendre rapidement dans l’ambré et le foncé. Les érablières très chaudes ont fait même quelques barils de très foncés», a précisé M. Lessard.

Pas alarmant

À l’échelle du Québec, la situation est sensiblement la même. Les PPAQ ont noté qu’en raison des températures clémentes du mois d’avril toutes les régions acéricoles du Québec ont débuté leur production au même moment et se sont terminées hâtivement pour des raisons identiques.

Cette année, ce sont 133 millions de livres qui ont été récoltés au Québec avec une moyenne de 2,75 livres à l’entaille. En Chaudière-Appalaches, les acériculteurs ont produit 49 millions de livres avec une moyenne à l’entaille de 2,59 millions de livres. Par contre, il n’y a pas de quoi s’inquiéter pour l’avenir, estime l’association.

«Je suis acériculteur depuis plus de 40 ans. J’ai connu de faibles récoltes, des moyennes et des exceptionnelles, comme celle obtenue en 2020. Ce sont les réalités du métier. C’est certain que côté revenus, cela a un impact pour les producteurs, de là l’importance de souscrire à un programme d’assurance récolte. De plus, au fur et à mesure que le sirop d'érable de la réserve est vendu, les producteurs acéricoles reçoivent l'argent pour leur sirop jusque-là entreposé», a soutenu le président des PPAQ, Serge Beaulieu.

La réserve stratégique permet de pallier cet écart de production avec les années précédentes et donne l’occasion aux acériculteurs de tirer un revenu de la vente d’une partie de leur production des années passées.

En 2020, les PPAQ avaient eu une récolte record malgré les impacts de la pandémie de la COVID-19. Ils ont eu une récolte de 175 millions de livres dans l’ensemble du Québec, soit un rendement moyen de 3,59 livres à l’entaille.

Chaudière-Appalaches avait aussi connu une année productive de 3,46 livres à l’entaille pour une récolte de 62,7 millions de livres dans 3 174 érablières.

 

 

 

 

 

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