(Crédit photo : Courtoisie)

ÉCONOMIE. Les nombreuses contraintes imposées par la Santé publique pour prévenir la propagation de la COVID-19 compliquent la vie des entrepreneurs de la région. Pourtant, ces multiples obstacles n’ont pas découragé la propriétaire du Studio de danse Hypnose de Saint-Apollinaire, Nathalie Lemay. Cette dernière a usé de créativité afin d’offrir des cours dans un cadre sécuritaire.

«J’ai un horaire incroyable, j’ai triplé mes heures d’enseignement. Je porte beaucoup de chapeaux, mais je suis heureuse d’être là, de retrouver mes élèves. Malgré toutes les tâches et le stress, quand j’entre au studio, j’oublie tout ça», a-t-elle commenté moins de 24 heures après que Chaudière-Appalaches soit passé au niveau d’alerte orange. Elle se réjouit que le gouvernement ait reconnu l'importance de l'activité physique en permettant la poursuite des activités sportives et culturelles, en dépit de ce palier d’alerte.

Pour réussir à offrir des cours aux résidents de la région, jeunes et moins jeunes, il a fallu que toute la façon d’enseigner soit repensée.

«Faire des chorégraphies en respectant la distanciation a représenté un gros défi. Une chorégraphie implique beaucoup de déplacements et des effets. Il faut trouver des façons de rendre le tout visuellement intéressant tout en gardant une distance sécuritaire. […] Ce qui a aussi changé, c’est l’absence de contact. Pour corriger un mouvement, une technique, on doit avoir un contact avec l’enfant pour placer le corps. On développe des manières de s’exprimer en donnant des exemples ou en demandant aux jeunes de regarder notre position dans le miroir pour qu’ils puissent s’ajuster.»

Nathalie Lemay se dit aussi extrêmement «stricte» sur le respect du protocole sanitaire. En plus des règles de base (lavage des mains, port du masque et distanciation), les danseurs doivent entrer par une porte désignée, désinfecter les semelles de leurs chaussures et se rendre à leur marque au sol. Ils ont un crochet pour déposer leurs effets personnels. De plus, la taille des groupes a été réduite. Entre chaque cours, 15 minutes sont prises pour nettoyer le plancher et désinfecter tout ce qui aurait pu être touché.

Entretenir la flamme

Garder la motivation des danseurs d’élite n’est pas chose facile. L’annulation des compétitions y est pour beaucoup. Certains qui dansaient depuis plusieurs années ont complètement arrêté, s’est-elle désolée. Ceux qui poursuivent leur cheminement auront plus de temps pour perfectionner des mouvements ou des techniques, chose qu’ils ne pourraient pas faire en temps normal, a fait remarquer Mme Lemay.

Par ailleurs, cette dernière est optimiste et croit qu’ils pourront participer à quelques compétitions en 2021. «Je pense qu’ils [les organisateurs] vont s’adapter et qu’on aura des compétitions. Elles seront peut-être sans public. Hit The Floor a organisé une compétition plus familiale en septembre où les compétiteurs pouvaient amener un nombre limité de personnes pour les voir», a-t-elle ajouté.

Quant aux danseurs du secteur récréatif, le spectacle de fin de session est le point culminant des semaines d’efforts qu'ils ont fournis et permet de montrer leurs progrès. Nathalie Lemay promet qu’elle mettra tout en œuvre pour qu’ils puissent offrir cette prestation.

«D’habitude, on faisait des spectacles devant 1 000 personnes. Je suis prête à faire cinq spectacles s’il le faut. On a des danseurs de tous âges et ils ont besoin de ça. C’est tellement un bel accomplissement pour eux. Je vais trouver une façon de leur faire vivre», a-t-elle poursuivi, évoquant la possibilité de le tenir à l’extérieur.

Ne pas abandonner

Nathalie Lemay veut lancer un message d’espoir aux entrepreneurs de la région. La période actuelle n’est pas évidente, admet-elle, pourtant, il faut y voir une occasion de se surpasser, de relever de nouveaux défis et foncer plutôt que de s’arrêter devant les obstacles.

«Tout est dans la façon de voir les choses. Il faut rester positif malgré tout et ne pas oublier pourquoi on a l’entreprise qu’on a aujourd’hui. On a travaillé fort pour ça et il faut continuer à se battre. Je vais commencer ma vingtième année. Je n’ai pas fait ça pendant toutes ces années pour lâcher après un obstacle. Il faut avancer et s’entourer de personnes positives», a-t-elle conclu.

 

 

 

 

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