(Crédit photo : Courtoisie)

ÉCONOMIE. Depuis le début de la crise de la COVID-19, certaines entreprises québécoises ont réussi à tirer leur épingle du jeu. C’est notamment le cas de Meubles South Shore. Le fabricant de meubles basé à Sainte-Croix a vu ses ventes en ligne bondir de 90%.

«On revient dans un modèle de cocooning, centré vers la maison, vers l’environnement immédiat. […] Les gens veulent avoir le contrôle sur quelque chose et l’intérieur de leur résidence est un environnement qu’ils peuvent contrôler», a expliqué le président de l’entreprise, Jean Laflamme.

Les entreprises axées sur la rénovation, quincailleries, marchands de peinture, etc. s’en sortent plutôt bien pour cette raison. «Les dollars consacrés à la restauration, aux spectacles et aux voyages, on ne voit pas le jour où on pourra les dépenser de nouveau. Ils seront peut-être réinvestis en grande partie à l’intérieur de la résidence», estime M. Laflamme.

Il y a 15 ans, Meubles South Shore s’est tourné vers la vente sur Internet en raison de la conjoncture économique difficile dans l’industrie du meuble. Cette décision d'affaires s'avère payante dans le contexte actuel. Avec le temps, l’entreprise a développé une expertise et un vaste réseau de contacts. C’est pourquoi elle souhaite mettre ce savoir-faire au profit d’autres entreprises québécoises.

Ainsi, la compagnie ouvre sa plateforme de ventes à des entreprises qui offrent des produits complémentaires aux siens et qui n’ont pas accès à une plateforme de vente en ligne.

«Avec le Panier bleu, on a constaté l’intérêt pour l’achat local par des gens de la communauté. C’est bien, il faut continuer, mais si on veut amener du nouvel argent au Québec, on doit faire voir nos produits à l’externe. En 15 ans, nous avons développé un réseau assez intéressant. Pour ceux qui n’ont pas encore investi dans le web, on s’est dit que nous pourrions devenir un agent de diffusion pour des produits complémentaires aux nôtres et aller chercher le plein potentiel de ces partenaires», a expliqué le président de l’entreprise, Jean Laflamme.

Il rappelle que le développement d’une plateforme transactionnelle efficace demande du temps et de l’argent, ce que certaines entreprises n’ont pas en ce moment. De plus, l’idée de poursuivre ce partenariat une fois la crise terminée n’est pas écartée.

Sécurité

«Notre priorité numéro 1, c’est la santé et la sécurité avant tout», a affirmé Jean Laflamme. Considéré comme faisant partie des secteurs prioritaires, Meubles South Shore a redémarré progressivement ses activités peu de temps après la mise sur pause du Québec.

Ce temps d’arrêt a été nécessaire afin d’adapter les usines à la nouvelle réalité. «On s'est basé sur les recommandations du gouvernement autant sur la distanciation que sur le lavage des mains. Il a fallu repenser les espaces de travail pour respecter la consigne des 2 mètres. Si on ne l’avait pas, on a installé des écrans pour s’assurer qu’il n’y ait pas de contacts. On a modifié nos salles de bain, nos lavabos, nos abreuvoirs, etc. […] À l’époque, on ne connaissait pas toutes les consignes mises en place dans les dernières semaines, mais nous les rencontrons à 95%. Nous n'aurons qu’à faire que des adaptations mineures.»

Bientôt, la production à Sainte-Croix devrait atteindre 100% de sa capacité, a poursuivi M. Laflamme.

Par ailleurs, puisque Meubles South Shore a des installations aux États-Unis et au Mexique, l’entreprise doit également respecter les exigences sanitaires de ces autres juridictions. Un casse-tête important qui a demandé beaucoup d’agilité de la part des gestionnaires au début de la crise.

Quant aux employés de bureau, ils travaillent tous de la maison. M. Laflamme espère pouvoir rouvrir quelques espaces de bureau à la fin du mois de mai ou au début du mois de juin.

Se réinventer

Afin de passer à travers les différentes crises qui ont marqué ses 80 ans d’histoire, Meubles South Shore a dû innover et se projeter dans l’avenir à plusieurs reprises. À l’aube du virage 4.0, Jean Laflamme estime que l’entreprise devra poursuivre ses investissements.

Cette fois, cela passera, entre autres, par des investissements pour l’informatisation, l’automatisation et la robotisation des équipements dans l’entreprise, mais aussi pour le site Internet.

De là l’idée d’utiliser la plateforme de l’entreprise pour en aider d’autres. «C’était une idée qui était embryonnaire, mais avec ce qui arrive, on s’est dit pourquoi ne pas l’accélérer et permettre à d’autres entreprises de bénéficier de notre réseau.»

Leçons à retenir

Par ailleurs, les entreprises pourront tirer d’importantes leçons de la crise actuelle estime l’homme d’affaires.

Dans l’avenir, les entreprises devront être plus agiles et avoir une capacité importante d’adaptation aux situations imprévue. Elles devront aussi conserver des liquidités afin de faire face à ces situations. Ce genre d’événements imprévus peut engendrer des craintes chez les entrepreneurs, a indiqué M. Laflamme et les décisions qui en découleront leur demanderont du courage.

«Ce sera de développer une résilience à l’intérieur des entreprises pour être capable de faire face à des crises. […] Être en mesure d’arrêter ce que l’on fait et de rapidement changer son fusil d’épaule pour faire autre chose.»

 

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