Ruhai Zhang montre quelques-uns des nombreux carnets de notes qu’il a accumulés au fil des années pour le suivi des colis. (Crédit photo : Mélanie Labrecque)

SOCIÉTÉ. Après avoir pris connaissance du texte Le comptoir postal de Saint-Gilles a été fermé, publié le 23 octobre, le propriétaire d’Alimentation Saint-Gilles, Ruhai Zhang, a souhaité apporter quelques précisions. En entrevue avec Le Peuple Lotbinière, ce dernier est revenu sur toutes les démarches qu’il a faites auprès de Postes Canada, depuis des années, afin de maintenir le comptoir postal dans son commerce.

Ruhai Zhang est propriétaire de l’épicerie depuis huit ans et s’occupait, en vertu d’un contrat signé avec la société d’État, d’exploiter le comptoir postal.

Or, constatant que la charge de travail qu’exigeait son exploitation ne faisait que grandir, M. Zhang a commencé, il y a trois ans, des démarches afin de faire modifier certaines clauses de l'accord, notamment le montant des prestations que lui versait Postes Canada. Cependant, après de multiples tentatives, il n’a jamais obtenu de réponse satisfaisante et il a finalement décidé, à contrecœur, de résilier l’entente en mars.

Ruhai Zhang évalue à environ 2 $ par jour le montant qu’il recevait pour maintenir le comptoir postal en activité. Même si ces sommes avaient été légèrement rehaussées peu de temps avant la fin du contrat, elles n’étaient pas suffisantes pour couvrir le temps quotidien consacré à la tenue du comptoir postal. Le salaire minimum, rappelle-t-il, s’élève à 12,50 $ l’heure.

«J’estime avoir perdu environ 50 000 $ en huit ans. Si un autre commerce reprend le service, je serai content, mais moi, à ces conditions, je ne suis plus capable.»

De son côté, Postes Canada se fait avare de commentaires sur les sommes versées à ceux qui hébergent des comptoirs postaux. «Nous ne pouvons pas divulguer de renseignements sur nos contrats, car ceux-ci sont confidentiels et sont spécifiques à chaque concessionnaire», a indiqué le porte-parole de la société d’État, Philipe Legault.

Charge de travail

Dans une lettre datée du 12 avril 2018 et envoyée à Poste Canada, Rhuai Zhang rappelait que le nombre de colis qui transitaient par son établissement était en constante augmentation. Par conséquent, le temps que les employés devaient consacrer au comptoir postal ainsi que l’espace occupé dans le commerce l’étaient également.

«[…] Nous devrions avoir un employé additionnel pour bien répondre à la demande. Toutefois, les prestations offertes dans le cadre de notre convention actuelle ne permettent pas un tel ajout. […] Nous avons estimé qu’un montant de 15 $ par jour, soit 5 475 $ par année, serait plus approprié.»

Carnets de notes à l’appui, le propriétaire mentionne que le traitement de chaque colis devait se faire manuellement, puisqu’il n’avait pas l’appareil pour scanner les codes à barres. Les employés écrivaient donc dans un registre chaque transaction et y inscrivaient les informations relatives à chacun des colis. Pendant ce temps, c’est le service aux clients de l’épicerie qui en souffrait, déplore Rhuai Zhang.

Démarches

Postes Canada n'a pas abandonné les démarches pour trouver un nouvel exploitant sur le territoire de Saint-Gilles.

«Nous poursuivons nos démarches pour trouver une autre entreprise pour héberger le comptoir postal à Saint-Gilles. Je peux confirmer que nous n’avons pas reçu de plaintes de la part de nos clients par rapport à cette situation», a fait savoir Philippe Legault.

Au bout du compte, Ruhai Zhang espère qu’il aura des réponses à ses questions. «Je veux savoir s’il y a un contrat de signé ou pas et à quelles conditions. J’ai besoin que ce soit clair pour tout le monde. Les gens ont le droit de savoir combien [Postes Canada paie].»

Actuellement, les citoyens de Saint-Gilles qui ont besoin de services postaux doivent se rendre à Saint-Agapit.

 

 

 

 

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