Yves Benny de la chaîne de restaurant Benny&Co était le conférencier invité de la Chambre de commerce de Lotbinière. (Crédit photo : Mélanie Labrecque)

ÉCONOMIE. Le développement de la chaîne de restauration Benny & Co n’a pas été un long fleuve tranquille. Le vice-président au développement des affaires de l’entreprise et fils de l’un des fondateurs, Yves Benny, est venu raconter l’histoire peu banale de l’entreprise à la communauté d’affaires de la région, lors d’un dîner-conférence organisé par la Chambre de commerce de Lotbinière, le 5 décembre.

«Quand je rencontre les gens d’affaires, ils aiment écouter des histoires d’ici et aussi entendre que ça n’a pas toujours bien été. C’est bien beau à voir, mais il y a des moments difficiles. Comme tout le monde en affaires, on prend des décisions, on a des surprises, on a des difficultés de parcours», a-t-il expliqué en guise d’introduction.

L’entreprise familiale, qui s’est développée sur trois générations, a commencé modestement ses activités au tournant des années 1960 après que le cadet de huit frères, Gilles Benny, ait mis au point un four permettant une cuisson lente de la viande. Après une première expérience fructueuse avec l’établissement Joliette BBQ, les frères ont chacun choisi de se lancer dans l’aventure de façon indépendante. C’est ainsi que sont nés plusieurs restaurants dont Coq Rôti, Au Coq, Ti-Coq BBQ et plusieurs autres avant le passage à la deuxième génération.

Le défi qui s’est présenté, et le rêve d’Yves Benny, était de tous les réunir sous une même bannière. Un travail ardu qui a pris près de 20 ans et au moins trois tentatives, d’abord, en essayant de fédérer tout le monde en 1989. Dix ans plus tard, forts de l’expérience acquise lors du premier essai, cinq des membres de la famille ont fait une seconde tentative qui a aussi échoué.

Entretemps, Jean Benny, le frère d’Yves, fonde Benny & Co en 2006. Le concept devient ainsi le moteur d’une autre tentative d’unification, qui cette fois-ci a été fructueuse. Les frères Jean, Vincent et Yves Benny s’associent sous une même marque.

«Nous avions 12 restaurants ensemble. On s’est dit pourquoi on ne le ferait pas pour nos 12 établissements. Si on a raison, si ça marche, peut-être que nos cousins et cousines vont vouloir y adhérer. On a été tenace. La vision que tu peux avoir, il ne faut pas la laisser aller. Il faut revenir et retravailler le modèle. On a créé une alliance en 2010 et on a décidé de garder la marque Benny&Co.»

Expansion

Dans les années qui ont suivi, d’autres membres de la famille ont décidé de se joindre au trio. «Ça n’a pas été long qu’on a cogné à la porte. […] On s’est dit qu’on mettrait une structure organisationnelle qui fera en sorte que les cousins et cousines qui viennent auront leur mot à dire. On ne voulait pas du modèle classique. On souhaitait qu’ils puissent nous dire ce qui marche dans leur région.»

Toutefois, cette intégration ne s’est pas faite sans heurts. Alors que la chaîne était en pleine expansion, la poursuite d’un cousin qui détenait la marque Rôtisserie Benny leur est tombée dessus, il voulait les empêcher d’employer la marque Benny&Co.

En parlant de cet épisode, Yves Benny est devenu très émotif. Avec une boule dans la gorge, il a expliqué comment l’entreprise naissante a réussi à passer à travers la tempête qui a duré cinq ans et coûté plusieurs millions de dollars.

«Si nous perdions la cause, on perdait probablement nos entreprises parce que financièrement, on n’aurait pas été capable de passer à travers. […] C’est grâce à la solidarité de la famille Benny, j’ai des cousins dans l’Outaouais et dans la région de Québec qui, lorsqu’ils ont vu ça, ont décidé d’embarquer avec nous. "Financièrement, on va vous appuyer, on va se défendre et on va gagner".»

Aujourd’hui, l'entreprise compte une soixantaine d’établissements partout au Québec, tous propriétés de membres de la famille, dont plusieurs de la troisième génération. «Nous avons légué une structure avec une marque forte.»

 

 

 

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