Photo : Maxime Bouffard - Unsplash

AGRICULTURE. Le taux de mortalité élevé des abeilles inquiète les producteurs apicoles du Québec. Dans un effort conjoint, l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Québec et les Apiculteurs et Apicultrices du Québec (AAQ) demandent une aide de 12 M$ aux gouvernements du Québec et du Canada.

Les producteurs veulent ainsi relancer et moderniser le secteur apicole, notamment par un prêt d’urgence sans intérêts. De plus, ils rappellent qu’un soutien significatif à la recherche est aussi nécessaire en raison de l’inefficacité grandissante des produits utilisés pour combattre les parasites.

«La mortalité hivernale est un phénomène naturel au Canada. Au Québec, elle était en moyenne de 21 % ces cinq dernières années. Les pertes rapportées ce printemps par nos membres sont toutefois d’une ampleur historique, avec une moyenne de 60 %. C’est du jamais vu dans toute l’histoire du Québec», a déclaré le président des AADQ, Raphaël Vacher.

Si le déclin des populations d’abeilles dans les dernières années peut être attribué à une multitude de facteurs, cette année, les deux organisations pointent du doigt le Varroa destructor, un parasite arrivé au Québec au début des années 1990.

La floraison hâtive, les écarts de température durant l’hiver et les étés qui s’allongent ont offert au Varroa les conditions idéales pour proliférer.

L’UPA et l’AAQ poursuivent en indiquant que cette surmortalité ne pouvait pas arriver à un pire moment en raison des multiples perturbations de la chaîne d’approvisionnement.

De son côté, l’UPA rappelle que les abeilles ne produisent pas uniquement du miel. Elles travaillent également à la pollinisation de plusieurs cultures, notamment les petits fruits : framboises, fraises, bleuet ainsi que la pomme et plusieurs graminées.

«Les programmes d’aide habituels de La Financière agricole du Québec ne sont pas conçus pour faire face à ce contexte exceptionnel. Ce qui est requis, c’est un fonds d’aide spécialement dédié à la reconstruction du cheptel, au développement du secteur et à sa productivité. Les gouvernements doivent intervenir dès maintenant», a ajouté le président général de l’UPA, Martin Caron.

D’après Statistique Canada, en 2021, le secteur apicole québécois comptait plus de 500 producteurs et 57 000 ruches. Il a produit 4,6 millions de livres de miel et généré des revenus de 17 M$, auxquels il faut ajouter ceux issus de la location de colonies. Par exemple, les producteurs de bleuets louent près de 30 000 ruches chaque année pour polliniser leurs champs.

 

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