Photo: Gilles Boutin - Archives

ÉCONOMIE. Les producteurs agricoles de la région doivent actuellement faire face à un important vent de face. Eux aussi sont touchés par l’inflation que connaît le pays et l’équilibre entre les coûts de production et la rentabilité est de plus en plus difficile à maintenir.

Entre 2021 et 2022, le prix de la tonne métrique du blé est passé de 325 $ à 440 $. Celui du soya d’un peu moins de 600 $ la tonne à près de 800 $. Le maïs est passé d’entre 280 à 290 $ la tonne à 400 $ la tonne. À cela s’ajoutent l’augmentation prévue du prix des engrais qui pourraient atteindre 39 % par rapport au prix de l’année dernière et celle de 24 % du carburant.

C’est ce qu’a expliqué le président de l’Union des producteurs agricoles de Chaudière-Appalaches, James Allen, lors d’un entretien téléphonique. Ainsi, produire un porc coûte 50 $ de plus qu’il y a deux ans. Un producteur de bouvillon d’abatage doit investir 78 $ de plus par tête depuis un an.

Le problème pour les producteurs, c’est qu’ils ont peu ou pas de contrôle sur ces frais de production. Autant le prix du carburant que celui des engrais et des aliments se négocient sur les marchés mondiaux et le climat sociopolitique actuel ne les aide pas.

«Tout dépend de la guerre en Ukraine. Si le conflit se règle à court terme, la bourse pourrait se rétablir. L’Ukraine est un gros fournisseur de blé et de maïs. Les spéculateurs ont eu peur de manquer de grains et se sont mis à acheter ce qui a enflammé le prix à la bourse. Si ça se règle, les prix redescendront et se stabiliseront peut-être», a-t-il analysé.

Dans ce contexte, tous les producteurs ne sont pas égaux, rappelle M. Allen. «Chaque secteur de production essaie de voir ce qu’il pourrait faire pour limiter la hausse, mais la marge de manœuvre n’est pas si grosse que ça. L’intervention qu’on peut faire n’est pas si énorme. Autant pour le prix du porc que celui du bœuf, il n’y a aucune barrière tarifaire, ce n’est pas comme les productions sous gestion de l’offre.»

Certains vont stocker, d’autres vont faire leur moulée. Ceux qui produisent leur foin ne sont pas à l’abri des intempéries. La sécheresse ou la pluie abondante aura un impact sur la qualité du foin ou le nombre de fauches.

Même s’il demeure optimiste pour l’avenir, James Allen indique que si le contexte mondial actuel perdure encore plusieurs mois, certains pourraient avoir de la difficulté à remonter la pente.

«Ce seront les plus jeunes entreprises, les jeunes de la relève qui viennent d’acheter et qui ont fait des emprunts. Ce sont aussi ceux qui ont fait des investissements pour moderniser leurs installations. Les taux d’intérêt vont monter et ces entreprises seront plus vulnérables que celles de propriétaires plus âgés dont l’emprunt est presque remboursé.»

Le prix du diésel en hausse

Depuis le début de l’année 2022, les producteurs agricoles ne l’ont pas facile. En plus de l’augmentation du coût des engrais et des aliments, ils doivent composer avec la hausse du prix des carburants.

Le diésel, qui sert au fonctionnement de la machinerie agricole a vu son prix bondir de près de 60 cents le litre dans la MRC de Lotbinière entre janvier et mars 2022.

Selon les moyennes hebdomadaires compilées par la Régie de l’énergie, le diésel se vendait en moyenne 1,48 $ le litre dans la MRC de Lotbinière. À la fin du mois de mars, cette moyenne atteignait 2,06 $ le litre.

  

*Source: Régie de l'énergie

Par rapport à l’année dernière, la hausse est encore plus importante. Pour la même période que l’année dernière (janvier à mars 2021), le prix hebdomadaire moyen du diésel est passé de 1,07 $ dans la première semaine de janvier à 1,19 $ dans la dernière semaine de mars.

 

 

 

 

 

 

 

 

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