LETTRE OUVERTE. C’est une grande tristesse que nous avons ressentie à la suite du drame survenu dans la soirée du 31 octobre dernier à Québec. Il va de soi que nos meilleures pensées vont aux personnes qui ont été victimes de ces actes et à leurs proches.

Après le sentiment de tristesse, nous ressentons de la consternation et de l’incompréhension vis-à-vis un certain discours public récurrent lorsque de tels drames surviennent. Tout en déplorant la violence perpétrée dans de telles circonstances, nous désirons également dénoncer les amalgames véhiculés entre de tels actes de violence et la santé mentale. Certaines études tendent en fait à démontrer qu’une personne vivant avec un problème de santé mentale est plus susceptible de subir des actes de violence que d’en perpétrer. Des drames comme celui de samedi dernier, aussi tristes et inexplicables soient-ils, ne devraient pas amener davantage de coercition et de préjugés à l’endroit des personnes qui vivent avec un problème de santé mentale, il y en a déjà suffisamment!

Certains remettent même en cause la désinstitutionnalisation, qui est pratiquement terminée depuis les années 1990. Il serait illusoire de croire que l’on peut retourner à une époque où l’on enfermait les personnes ayant des problèmes de santé mentale dans des hôpitaux psychiatriques et que les problèmes se régleraient alors à grands coups de solutions s’apparentant à l’emploi d’une baguette magique! Ne serait-il pas opportun de mettre de côté cet enjeu du passé et d’avoir un réel débat public en matière de santé mentale digne du 21e siècle?

La question que tout le monde se pose, peut-on prévenir de tels actes de violence? À titre de représentants de groupes de défense de droits et de ressources alternatives en santé mentale, nous estimons que la réponse se situe dans un investissement majeur dans les services d’aide dans la communauté. De surcroît, nous soulignons l’importance que représente une aide rapide et adaptée aux besoins des personnes, l’accès à des services de psychothérapie ainsi qu’à des ressources communautaires en santé mentale financées adéquatement. Comme société, donnons-nous la priorité d’aider les personnes à l’extérieur des murs de l’hôpital psychiatrique et des centres de détention!

Nous saluons la volonté du ministre Carmant relativement à son annonce des investissements de 100 millions en santé mentale comprenant 10 millions pour le milieu communautaire. Malheureusement, ces sommes sont temporaires et les besoins demeurent permanents. À cet effet, nous déplorons que lorsque des allocations récurrentes sont versées aux organismes communautaires en Chaudière-Appalaches, les organismes en santé mentale ne soient pas priorisés et leur financement demeure stagnant et insuffisant depuis trop longtemps.

Les gens que nous aidons au quotidien sont souvent isolés et vivent dans des conditions de vie précaires, qui affectent grandement leur vie. Ces éléments doivent aussi être considérés si on veut réellement améliorer la situation. Nos ressources accueillent chaque année des centaines de personnes qui souhaitent améliorer leur santé mentale par l’entraide, la défense de leurs droits, l’hébergement et l’intégration en emploi. Nous sommes préoccupés que cet acte tragique amène une plus grande stigmatisation des personnes qui fréquentent nos organismes.

Puisque les prises de position émotives ne sont pas sans conséquence, nous appelons à un traitement plus respectueux de la santé mentale dans l’espace public lors d’évènements comme celui de samedi dernier.

Les groupes alternatifs en santé mentale et de défense des droits en santé mentale de Chaudière-Appalaches:

François Winter, directeur général de L’A-DROIT de Chaudière-Appalaches, Lévis;

Édith Lambert, directrice générale de L’Oasis de Lotbinière, Saint-Flavien;

Ann Robitaille, directrice générale d’Aux quatre vents, Lévis;

Diane Chatigny, directrice générale du Murmure, Beauceville;

Karlyn Perron, directrice générale de La Barre du jour, Saint-Gervais;

Mélissa Boilard, directrice générale du Trait d’union, Montmagny.

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