Crédit photo : capture d'écran - Radio Canada

Après quatre mois de pandémie et des dépenses importantes réalisées par le gouvernement fédéral pour mettre en place des mesures d'aide d'urgence, le ministre des Finances Bill Morneau a fait le point sur la situation des finances au Canada et présenté un bilan économique.

Par Aude Malaret - collaboration spéciale

Pas moins de 212 G$ en mesures d’aide directe pour soutenir les Canadiens et les entreprises du pays ont été versés par le gouvernement de Justin Trudeau afin de faire face à la pandémie de la COVID-19. Le ministre des Finances Bill Morneau a présenté un portrait économique du Canada à la chambre des communes, ce 8 juillet, avec l’objectif de donner «une idée de notre économie telle qu’elle est à l’heure actuelle». 

C’est finalement un déficit record de 343 G$ qu’atteindra le pays cette année. Un montant jamais vu au Canada.

Fin avril, un rapport du directeur parlementaire du budget (DPB), Yves Giroux, prédisait un déficit dépassant les 250 G$. Et la dernière projection réalisée avant qu’éclate la crise sanitaire, en décembre 2019, prévoyait alors un déficit de 28,1 G$ pour l’année 2020-2021. 

La dette fédérale s’élèvera à 1 200 G$ d’ici mars prochain, contre 765 G$ en mars 2020. Selon les projections, elle atteindra 49,1 % du produit intérieur brut (PIB), alors que ce ratio était de 31,1 % en 2019-2020.

Mais le ministre des Finances, tout comme le premier ministre Justin Trudeau un peu plus tôt, ont insisté sur les taux d’intérêts à long terme actuellement bas et un ratio de la dette nationale par rapport au PIB qui placerait le Canada dans une meilleure posture que d’autres pays du G7. De plus, la part des frais liés à la dette dans le PIB n’augmenteront pas. 

Alors que le Canada connaît le «pire ralentissement de son économie depuis la Grande dépression», observe Bill Morneau, il affirme que les impacts économiques et sur les Canadiens auraient été «bien plus graves» sans l’intervention du gouvernement. Et de faire valoir que le fédéral a financé 9 dollars sur 10 des aides, contre un dollar au niveau des provinces. 

«Notre économie se redressera plus tôt que si nous n’avions rien fait. Sans la PCU, un grand nombre de Canadiens n’auraient pas été en mesure de payer leurs dépenses du quotidien.»

Les coûts des mesures d’aide

La Prestation canadienne d’urgence (PCU) a coûté 73,1 G$ au trésor fédéral et la subvention salariale 82,3 G$. 

Cette dernière a bénéficié à 3 millions de travailleurs, a précisé le ministre, tandis que plus de 8 millions de Canadiens ont déjà reçu la PCU. Les deux programmes avaient été prolongés par Ottawa, de 16 à 24 semaines pour la PCU et de 12 à 24 semaines pour la subvention salariale, tous deux jusqu’à la fin du mois d’août. 

Quant aux mesures de soutien aux entreprises, elles ont coûté 21,3 G$.

Par ailleurs, les aides indirectes aux entreprises, via des programmes de crédit, et au secteur agricole consenties par Ottawa représentent plus de 85 G$.

«On pouvait laisser les Canadiens se débrouiller et espérer que ça allait se régler rapidement, ou on pouvait les aider. On a choisi d’appuyer les Canadiens, a fait valoir Justin Trudeau lors de son point de presse donné plus tôt le même jour, qui a défendu un plan «ambitieux». 

Le premier ministre croit que «le coût de l’inaction aurait été beaucoup plus élevé pour les milieux de la santé et de l’économie». Avant d’ajouter, «ce n’est pas le temps de se serrer la ceinture» afin de «jeter les bases pour une relance économique» en supportant les «plus vulnérables et les entreprises». 

«Augmenter les impôts ou couper des services serait la pire chose à faire, estime-t-il. On doit créer des emplois et de la croissance économique et c’est exactement ce qu’on va faire.»

Bill Morneau a dressé cet état de situation, alors que le gouvernement Trudeau devait présenter son budget de l’année 2020 le 30 mars, ce qui n’a jamais eu lieu en raison de la mise sur pause du pays après les deux premières semaines du mois. 

Le gouvernement n’est pas allé au-delà de mars 2021 dans ses projections puisqu’il est «impossible de faire des prévisions exactes» en raison des nombreuses incertitudes économiques qui persistent et de la crise toujours en cours. 

 

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