En raison d'une controverse sur les médias sociaux, Luc St-Hilaire ne représente plus le Parti vert du Canada dans Lévis-Lotbinière. Crédit : Archives

Luc St-Hilaire n’est plus le candidat du Parti vert du Canada (PVC) dans la circonscription de Lévis-Lotbinière en vue des prochaines élections fédérales. Alors que la campagne sera bientôt déclenchée, le PVC a demandé, à la mi-août, au stratège et créateur publicitaire de retirer sa candidature en raison d’une controverse dont il était l’objet sur les médias sociaux.

Par Érick Deschênes - Collaboration spéciale

«Le parti m’a demandé de retirer ma candidature. J’ai accepté. Je n’ai pas eu le choix de la retirer en raison de la controverse», a déclaré M. St-Hilaire lors d’une entrevue accordée au Journal le 20 août.

D’ailleurs, Rosie Emery, porte-parole du PVC, a confirmé au Journal que la formation politique dirigée par Elizabeth May était «en train de chercher un autre candidat dont l’identité allait être dévoilée lors des prochaines semaines».

C’est en raison d’une publication écrite le 15 août sur Facebook par Xavier Camus, professeur de philosophie montréalais bien connu sur les médias sociaux pour critiquer les positions de droite de certains Québécois, que la controverse est née.
M. Camus a alors dénoncé que Luc St-Hilaire ait partagé sur sa page Facebook personnelle des publications qu’il considère comme «islamophobes».

«Dans une récente publication, M. St-Hilaire partage un mème ignoble réclamant que le président du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallh, condamne l’acte d’immolation (attaque d’un résident de Québec qui a brûlé son ex-conjointe), comme s’il en était en partie responsable. Comme le geste n’était pas politique, en quoi cet homme devrait-il s’excuser? Pourquoi s’acharner sur lui», a notamment écrit le professeur de philosophie.

Dans le mème en question, on peut lire la phrase suivante : «Ce serait un bon moment pour le président de ‘‘l’association musulmane’’ de condamner les gestes répugnants de ce ‘‘Mohammed’’ qui a fait de sa femme une torche humaine devant ses enfants. Mais non, c’est le silence».

Également, Xavier Camus a critiqué une publication de Luc St-Hilaire où il s’opposait à la création d’une journée nationale contre l’islamophobie, contrairement à la position d’Elizabeth May. Une autre publication partagée par M. St-Hilaire a soulevé l’ire du professeur de philosophie, un montage demandant à la mairesse de Montréal, Valérie Plante, pourquoi il n’y avait pas de problème à ce que les policières marocaines ne portent pas de signe religieux lorsqu’elles sont en devoir, en plein débat sur la laïcité au Québec.

St-Hilaire se défend

S’il admet qu’il a été «maladroit» avec certains partages de publication, l’ancien candidat vert dans Lévis-Lotbinière a toutefois rejeté les accusations d’islamophobie qu’ont portées en son endroit Xavier Camus et d’autres personnes qui ont commenté la publication du professeur montréalais.

«Ce type a présenté mes publications d’une manière tendancieuse, pour me faire passer pour quelqu’un de droite. Il a donné une image de moi totalement fausse. Je suis tout sauf un raciste, un islamophobe et quelqu’un de fermé aux autres cultures. Dans ma vie, j’ai eu plusieurs occasions d’échanger ou de travailler avec des musulmans et ç’a toujours été un plaisir. […] Ce professeur de philosophie a transformé mes publications en attaques (contre la communauté musulmane) alors que mon but n’était qu’exhorter un porte-parole à prendre la parole dans un contexte où tous les débats d’opinion sont extrêmement polarisés. Par son silence, il vient donner des munitions à ceux qui ne sont pas corrects et renforcer des opinions qui sont polarisées. C’est tout le contraire de ce que je désirais», a expliqué M. St-Hilaire.

Visiblement amer de sa courte expérience en politique fédéral, l’ancien candidat vert a profité de l’occasion pour critiquer les dérives provoquées par les médias sociaux.

«Je suis un individu ordinaire qui n’est pas un professionnel de la politique. Je voulais m’impliquer pour faire changer les choses. Tout ça a été réduit à néant. Désormais, Internet donne la parole aux trolls et aux extrémistes. Je veux juste que la poussière retombe. Ce type de comportement sur les médias sociaux, ça n’encourage pas les gens à faire des choses constructives pour la société et j’estime que c’est nocif pour la démocratie», a conclu Luc St-Hilaire, tout en dénonçant les attaques personnelles qu’a subies un de ses enfants sur les médias sociaux en raison de la controverse.

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