Isabella Flamand. (Crédit photo : Kassandra Marois – KM Photography et Sophie Grenier)

SPORTS. Il y a trois ans, Isabella Flamand de Saint-Flavien n’avait jamais enfourché une moto. Aujourd’hui, à 19 ans, elle a maintenant son premier championnat en poche. Le 13 septembre dernier, elle a confirmé sa position de tête du Challenge Québec Motocross, catégorie femme B.

À sa première course en carrière, elle savait à peine changer les vitesses sur son engin. Même si elle a terminé dernière, le fait d’avoir franchi la ligne d’arrivée constituait sa première victoire. Depuis, elle a continué à progresser. Recrutée par une équipe à sa deuxième saison, elle a pu être entourée de professionnels et de commanditaires qui l’ont aidée à prendre confiance et à évoluer.

Cet été, il s’agissait de sa deuxième saison en classe B. Elle savait qu’elle s’était améliorée et elle a pris les départs avec un seul objectif en tête, celui de gagner le championnat. Les astres étaient parfaitement alignés, raconte-t-elle.

«Au printemps, c’est comme si j’avais eu un déclic. Je me suis mise à sauter plus, j’ai fait des cours avec des professionnels. Ils m’ont dit que je maîtrisais la technique et tout ce qui me manquait c’était la vitesse, et ça, ça vient avec la pratique. Je pratiquais donc trois fois par semaine pour être capable d’y arriver», a-t-elle raconté.

Avec quelques autres coureurs, elle a eu l’occasion de pouvoir s’entraîner sur la piste d’Issoudun ce printemps. «En raison de la COVID, les pistes ne pouvaient pas ouvrir. On allait se pratiquer là où l’on pouvait. Finalement, puisque nous connaissons bien le propriétaire de la piste, il l’a ouverte pour nous, ce qui nous a permis de nous pratiquer un peu plus que les autres qui ont dû attendre à la mi-juin.»

Ces heures d'entraînement ont payé. Isabella Flamand a complété sa saison avec 284 points, un écart de sept points par rapport à la deuxième position.

L’année prochaine, elle fera le saut dans la cour des grands. Elle rivalisera avec des professionnelles. Le niveau est relevé, mais la jeune femme sait qu’elle sera capable de maintenir de bons résultats et espère terminer régulièrement dans le top cinq.

«Celles qui sont dans cette catégorie (femme open) font des courses au niveau national. Je n’essaierai pas de battre les trois premières, puisqu’elles sont très fortes. Pour le reste, cet été, j’ai fait une épreuve dans cette catégorie et j’ai fait une troisième place. Il faut dire que c’était ma piste à moi, je la connaissais, mais je sais que je serai capable de bien faire au classement», a-t-elle confié.

Le nombre de courses qu’elle fera dépendra évidemment de l’évolution de la pandémie, mais croit qu’elle pourra rouler sur des circuits québécois et ontariens.

Découvrir sa passion

Compétitrice dans l’âme, elle a confié avoir toujours eu un intérêt pour les sports motorisés. «Mon frère fait des courses d’auto sur ovale. Quand je suis allée le voir la première fois, je ne faisais pas encore de moto, mais je me suis tout de suite dit qu’il fallait que je fasse des courses, peu importe le type de véhicule, il fallait que j’en fasse.»

Lorsqu’un ami l’a invitée à venir essayer la moto dans le champ derrière chez lui, elle a accepté et à force de pratiquer, elle a eu la piqure. À partir de ce moment, son apprentissage a commencé. «À l’automne, j’ai pris un cours avec un professionnel et sa blonde, faisait de la course. Donc, je savais que c’était possible. Pendant l’hiver, j’ai écouté les émissions du Challenge Québec à la télé et au printemps, j’ai décidé de m’inscrire à des courses.»

Dans toute cette aventure, Isabella a aussi le soutien de sa famille. Ses parents l’accompagnent à chacune de ses courses. Sa mère salue son audace et sa détermination depuis ses débuts. Son père, lui, est son mécano. «Il vient sur la grille de départ et s’occupe de ma moto. Ça m’enlève beaucoup de poids sur les épaules, surtout avant une course, lorsque c’est plus difficile de gérer le stress.»

Isabella Flamand étudie actuellement en Technique d’architecture au Cégep de Lévis. Elle a déjà en poche un diplôme d’études professionnelles en mécanique.

 

 

 

 

 

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