Jean Beaudet et son épouse Camilla tourneront bientôt la page sur un pan important de leur vie. (Crédit photo : Mélanie Labrecque)

PORTRAIT. Véritable institution dans le paysage de Leclercville, le Magasin général C.E. Beaudet et Fils ne sera bientôt plus qu’un souvenir. Son propriétaire, Jean Beaudet, mettra la clé sous la porte le 29 décembre, fermant le livre d’une histoire familiale de plus de 70 ans.

«Quand mon père a acheté son premier magasin, j’avais un an. J’ai appris à marcher en arrière des comptoirs», a-t-il raconté. Il y a fait ses premiers pas dans le métier. Plus tard, le 17 janvier 1966, il a commencé à y travailler à temps plein avec son père, avant de prendre la relève.

Au fil du temps, il a vu le commerce se transformer, passant de deux établissements à un seul jusqu’à son déménagement dans les locaux actuels en 1988. Les souvenirs qu’il en garde sont nombreux et il les partage avec plaisir pendant l’entretien.

Une autre époque

La façon de faire des affaires a souvent changé en 70 ans, a rappelé M. Beaudet. Plus jeune, il voyait son père partir tous les lundis et les mardis matin faire la tournée des rangs. Il y prenait les commandes qu’il préparait avec les enfants le mardi après-midi jusqu’en soirée, avant de les livrer.

«On avait de tout […] On recevait tout en vrac. On pesait le riz, les fèves, les pois, le sucre, la cassonade. […] Tout était pesé, même le poivre et la moutarde sèche. […] Au village, ils achetaient en petite quantité, mais dans les rangs c’était à coup de 50 ou 100 livres, parce qu’ils faisaient beaucoup de conserves», a-t-il raconté en tournant les pages jaunies d’un vieux carnet de commandes de son père.

Avec le temps, le vrac a laissé sa place aux produits déjà emballés. Plus tard, les articles de quincaillerie et les matériaux de construction ont fait leur apparition sur les tablettes du magasin général. «Le commerce évoluait avec les besoins.» Et les gens venaient de loin. «C’était reconnu que ce que tu ne trouves pas ailleurs, tu vas l’avoir ici.»

Vie sociale

Dans les villages, le magasin général devenait un lieu de rassemblement pour la communauté. Aujourd’hui encore, il évoque d’agréables souvenirs à ceux qui passent le pas de la porte. Le commerce de M. Beaudet n’y faisait pas exception. La vie derrière son comptoir était loin d’être ennuyante.

«Je me suis fait beaucoup d’amis. Les soirs, un peu comme la ligue du vieux poêle, ça arrivait ici après souper et ça discutait de tout, d’élection, de conseil municipal... À Leclercville, il y avait beaucoup de marins. L’hiver, ils ne travaillaient pas, arrivaient ici vers 3h30 et parlaient de bateaux, de voyage, de transports. J’ai beaucoup appris», s’est-il remémoré.

Au fil des années et des informations glanées à écouter et à participer à ces conversations, il est même devenu la référence sur le passé de Leclercville. «Quand un étranger arrivait dans le village et voulait savoir quelque chose, on lui disait d’aller au magasin général et de parler au boss. J’ai toute l’histoire de Leclercville dans ma tête. J’ai toujours été intéressé à ça.»

Tourner la page

Ce n’est pas de gaité de cœur qu’il tire un trait sur ce qui a été son univers depuis sa naissance. Submergé par l’émotion, les mots viennent difficilement pour décrire ce qu’il ressent. «J’ai l’impression d’abandonner du monde. J’ai travaillé toute ma vie pour Leclercville. Là, c’est moi qui pars. […] C’est mon monde. Je n’ai jamais fait autre chose que ça. Ma clientèle, c’est sacré», a-t-il confié.

D’un autre côté, il est heureux d’avoir enfin du temps à consacrer à sa famille, ses enfants et ses petits-enfants. À travailler près de 100 heures par semaine, les vacances et les moments en compagnie des siens se faisaient plutôt rares. «J’ai la santé et ma famille est après moi. J’ai 11 petits enfants et le plus vieux a 9 ans. Je n’en profite pas.»

Maintenant, il pourra prendre le temps de les voir grandir. Grand amateur de chasse et de pêche, il pourra aussi renouer avec ses deux passions.

 

 

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