Quelques-uns des participants en compagnie de leur enseignante, Roxane. (Crédit photo : Mélanie Labrecque)

ÉDUCATION. Il n’y a pas d’âge pour apprendre à lire et à écrire. Tous les jours, ABC Lotbinière aide des citoyens à prendre confiance en eux et en leurs habiletés. À la veille de la Semaine de l’alphabétisation populaire (1er au 5 avril), certains des participants aux ateliers d’alphabétisation se sont ouverts et ont raconté leur parcours.

Au moment de la visite du Peuple Lotbinière, le petit groupe répétait en prévision d’une séance de lecture qu’il allait faire aux résidents du CHSLD de Saint-Flavien. Le tout se déroulait dans un climat décontracté où la bonne humeur était au rendez-vous.

Derrière chacune de ces personnes se cache une histoire différente et les raisons qui les ont menées chez ABC Lotbinière sont multiples. Toutefois, ils partagent un but commun, celui d’apprendre ou de réapprendre à lire et à écrire.

«Le besoin n’est pas seulement académique. Il y a le côté familial, la proximité. Ça aide énormément. À l’éducation aux adultes, c’est une autre clientèle, c’est un autre niveau avec des objectifs et des examens, ce qui peut être stressant», a expliqué le directeur général d’ABC Lotbinière, Xavier Beaupré.

Chez ABC Lotbinière, il n’y a pas d’obligation de résultat, a indiqué M. Beaupré. Chaque personne apprend à son rythme selon les objectifs qu’elle s’est fixés. En 2017-2018, l’organisme a soutenu 266 participants dans l’atteinte de leurs objectifs à travers 587 heures de cours.

Prendre sa vie en main

«J’ai vécu le décès d’une personne que j’ai bien aimée et que j’aime encore. Il fallait que je remplisse des formulaires et je ne pouvais pas. J’ai eu honte de moi. À la suite de ça, j’ai demandé de l’aide», a raconté Roland. Quand il a commencé, il y a trois ans, il est parti de zéro. Aujourd’hui, il est capable de lire et d’écrire des textes.

«Lorsque tu es seul, tu n’as pas le choix. Les enfants ne sont pas toujours là. Mes filles sont allées à l’université et ont des diplômes. Quand elles étaient jeunes, je les poussais, j’ai cherché les recours nécessaires pour elles. Je suis fière, elles parlent bien et ont de beaux diplômes. Je me suis dit que moi aussi j’étais capable et j’ai foncé. Toute seule dans une maison, ce n’est pas drôle de ne pas savoir lire», a renchéri Gisèle. Chez ABC Lotbinière depuis septembre, elle dévore maintenant les romans de Danielle Steel.

Marie-Claude est originaire de Vancouver. Elle est venue dans la région pour tourner la page sur une partie de sa vie et se rapprocher de sa famille. Même si elle comprend le français, elle a besoin de s’améliorer pour se débrouiller au quotidien et se trouver du travail.

Pour Sabrina, qui a un emploi, maîtriser la lecture et l'écriture est essentiel à son avancement professionnel. «Je suis capable de lire. […] Si je veux monter en grade, il faut que je sache lire et écrire. Je fais beaucoup de fautes. Je me suis dit qu’il était peut-être temps.» Cette dernière envisage également de retourner à l’école et souhaite se donner les outils nécessaires à sa réussite.

Plateau

Ce que Xavier Beaupré a remarqué au fil des années, c’est que malgré tous les efforts mis dans la promotion de l’alphabétisation, le niveau de compétence stagne. «Plus de 50 % de la population en général n’a pas les compétences requises pour être totalement fonctionnelles en lecture. Au Québec, on dit que c’est une personne sur cinq, dans Lotbinière, c’est plus.»

Le contexte socio-économique pourrait en partie expliquer cette réalité. «Ici, le taux d’emploi est élevé. On va chercher des travailleurs, mais ce ne sont pas des emplois qui demandent de l’éducation. C’est manuel et répétitif alors ces gens perdent leurs acquis, ça s’effrite.»

Avoir confiance

Pour Gisèle, qui était une grande timide, son passage chez ABC Lotbinière lui a donné suffisamment confiance en elle pour s’affirmer. «Il n’y a plus personne qui va me piler sur les pieds. Avant, je me fiais sur mon mari. Là, il est décédé. Je n’ai plus le choix et il faut que je fonce!»

C’est de la musique aux oreilles de Xavier Beaupré. «C’est ce que je vois le plus et c’est ce qui me rend le plus fier. Je leur dis, vous venez ici pour apprendre à lire et à écrire, mais le but c’est de prendre le contrôle, d’avoir votre propre vision et vos idées.»

 

Les cours d’alphabétisations se font en petits groupes ou seuls.

(Crédit photo : Mélanie Labrecque)

 

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