Guillaume Wagner sera au Moulin du Portage le 5 juillet à 20h30. (Crédit photo : Courtoisie)

SPECTACLE. Un spectacle d’humour pour Guillaume Wagner, c’est comme une soirée entre amis. Il invite le public à venir partager un moment avec lui le 5 juillet, au Moulin du Portage, alors qu’il présentera du matériel inédit pour la préparation de son troisième spectacle solo, Du cœur au ventre.

«Souvent, on tente de plaire au public, de lui donner ce qu’il veut entendre. Je trouve que ce n’est pas une relation sincère. Je traite le public comme un ami, carrément. J’essaie d’être le plus authentique possible et je pense que l’humour est plus efficace dans ce temps-là. On rit plus avec nos amis qu’avec quelqu’un qui essaie de nous plaire», a-t-il lancé à l’occasion d’un entretien téléphonique.

Mordu d’actualité, il proposera pendant les 90 minutes de spectacle sa vision des grands enjeux qui la ponctuent. «Je tente de ne jamais pointer des petits faits d’actualité, de faire des blagues sur un politicien. J’y vais sur une vision plus globale de ce qui se passe dans le monde en ce moment que ce soit la surconsommation ou le réchauffement climatique. Ce sont des thèmes qui malheureusement ne vont pas se régler d’eux-mêmes.»

S’ajoute aussi à ces numéros sa perception de la société en général. « Je nous trouve très centrés sur nos petits problèmes, sur nos petites affaires. Je pense que ça vient d’un sentiment d’impuissance face à ce qui se passe : ça ne va pas bien alors on se concentre sur nous et je crois que c’est aussi une source de problèmes, ça me passionne et c’est une grande source de blagues.»

Même s’il a pris de la maturité dans ses 12 ans de carrière, l’humoriste ne renie pas son style plus caustique, mais sa proposition sera plus réfléchie. Du cœur au ventre lui permet également d’aborder les différentes facettes du courage. Pour en avoir, il faut que «ça parte du cœur, a-t-il confié, c’est par amour que l’on pose des gestes difficiles.»

Ce manque de courage collectif et individuel passera aussi par son filtre de père, alors qu’il expliquera comment il essaie de devenir un bon modèle qui fera les bons choix. «Ce n’est pas toujours évident», a-t-il affirmé.

Paternité

La vision de son travail ne s’est pas radicalement transformée depuis l’arrivée de son enfant, il y a quelques mois maintenant. Guillaume Wagner dit toujours tenter de créer des numéros «intéressants et intemporels.» En fin de compte, il consent qu’il est difficile de faire quelque chose dont on sera fier tout au long de sa vie.

«C’est toujours mon but d’essayer de faire quelque chose qui me rend fier et qui ne sera pas gênant. En même temps, un enfant, ça finit toujours par être embarrassé par ses parents», a-t-il philosophé.

C’est plutôt dans sa façon de travailler qu’il a vu une différence. Il estime être plus discipliné et efficace dans son écriture, puisqu’il ne peut plus travailler où et quand il en a envie. Pour lui, il s’agit d’un «beau défi» qu’il est heureux de relever.

 

 

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