Yohann Beaulieu, Pierre-Luc Daigle, Isabelle Lecours et Normand Beaudet. (Crédit photo : Mélanie Labrecque)

POLITIQUE. Les candidats des quatre formations représentés à l’Assemblée nationale ont débattu des grands enjeux de la campagne électorale. À l’invitation du Cégep de Thetford Mines, ils se sont réunis au Complexe des Seigneuries de Saint-Agapit, le 11 septembre.

Plus d’une centaine de personnes, dont plusieurs étudiants, maires, conseillers et citoyens s’étaient rassemblés pour écouter les arguments de Yohann Beaulieu (Parti québécois), de Normand Beaudet (Québec solidaire), de Pierre-Luc Daigle (Parti libéral) et de Isabelle Lecours (Coalition avenir Québec).

L’ensemble s’est déroulé de façon courtoise et respectueuse. Cependant, certains enjeux ont provoqué quelques discussions plus vigoureuses entre Normand Beaudet et Pierre-Luc Daigle.

Ainsi les aspirants députés se sont prononcés sur six thèmes : souveraineté, éducation, main d’œuvre, environnement, services à la population et représentation. Une période a été consacrée aux échanges entre les candidats et le public a pu également interroger ces derniers sur d’autres questions qui les préoccupaient.

Souveraineté

Bien que les chefs aient évacué la question sur la scène provinciale, le péquiste Yoann Beaulieu a rappelé qu’il s’agissait toujours d’un sujet d’actualité. «Nous arrêterons d’en parler quand ce sera fait, a-t-il mentionné. La souveraineté nous donnera la chance de prendre nos propres décisions, par exemple dans le cas de l’ALÉNA et de la protection de la gestion de l’offre.»

Isabelle Lecours croit qu'il s'agit d’un débat «stérile» et qu’après deux référendums il faut tourner la page. «Dans un contexte de globalisation, la séparation n’a pas lieu d’être. Nous recevons 11 milliards $ en péréquation. Sérieusement. Pensez-vous qu’il est temps pour le Québec de devenir indépendant ?»

«Je suis assez fier de dire que ma façon d’être Canadien, c’est d’être Québécois. Le Parti libéral est très nationaliste et veut protéger sa compétence provinciale», a renchéri Pierre-Luc Daigle.

Éducation

Isabelle Lecours n’a pas manqué de souligner les nombreuses coupes du gouvernement sortant dans le système d’éducation. «Nous voulons donner à tous les enfants les moyens d’aller au bout de leur potentiel. Le système ne va pas bien du tout. Nous avons l’un des pires taux de diplomation au Canada. Avec la prématernelle gratuite, nous pourrons faire un dépistage rapide des enfants qui ont un trouble d’apprentissage.»

«Nous avons bien géré les finances publiques. Certaines commissions scolaires ont peut-être pris de mauvaises décisions, mais personne ne se lève le matin pour couper dans les services aux enfants», a défendu Pierre-Luc Daigle.

«Ce qui me dépasse dans le discours, c’est qu’on présente l’éducation comme une dépense. Il faut revaloriser cette structure essentielle à la société. Il faut que ce soit vu comme un poste d’investissement, comme un actif indispensable», a suggéré Normand Beaudet.

Main-d’œuvre

Pour sa part, Pierre-Luc Daigle souhaite répondre au défi que représentera celui du recrutement de la main-d’œuvre au cours des prochaines années. «Je ne m’engage pas à créer des emplois. Nous en avons déjà. Je veux assurer la pérennité des entreprises, travailler avec les entrepreneurs pour aller plus loin avec eux.»

Normand Beaudet ne croit pas à la «pensée magique» que la solution passe uniquement par l’immigration. «Oui, c’est une solution, mais posons-nous la question : comment se fait-il que nos jeunes ne reviennent pas s’établir ici ? Il faut créer un environnement propice et attrayant.»

«Il faut avoir des gens pour faire rouler les services et nous misons sur l’immigration. Nous voulons les installer en région et les aider en francisation. Pour les étudiants nous souhaitons aussi un crédit d’impôt pour ceux qui reviendront travailler dans leur région», a fait valoir Yohann Beaulieu.

Environnement

Estimant que la région est dans un désert de conservation, Normand Beaudet souhaite parler des dangers liés à l’exploitation du gaz naturel. Il rappelle au passage qu’Hydro-Québec pourrait jouer un rôle plus important dans le développement futur de la province.

«Nous voulons axer notre développement sur l’électrification des transports en laissant un choix. Nous voulons aussi encourager le télétravail, encourager le covoiturage et nous positionner sur le transport collectif», a argumenté Yohann Beaulieu.

«Quelque soit le projet, on laisse toujours une empreinte écologique. Il n’y a pas de solution magique. Il faut protéger notre eau. C’est une richesse. […] Le transport en commun c’est une avenue, mais ce n’est pas approprié dans toutes les régions», a rajouté Isabelle Lecours.

Services à la population

Les candidats ont été appelés à se prononcer sur l’amélioration de l’accessibilité des services à la population. «Il faut travailler en circuit court. C'est intéressant de voir que Lotbinière fait un pôle de distribution de produits alimentaires. C’est un projet issu de la communauté. Il faut trouver aussi des façons d’aider les gens à se déplacer efficacement», a mentionné Normand Beaudet.

«Si le PQ est le parti des régions, c’est qu’il y a une raison. On veut décentraliser et laisser des services en région. Ce sont les régions qui connaissent le mieux leurs besoins et nous voulons leur laisser le pouvoir de décider pour elles.»

Représentation

Lotbinière-Frontenac est une très grande circonscription qui compte deux territoires distincts et 32 municipalités. Les candidats ont été interpellés sur la façon dont ils allaient tenir compte de cette réalité lorsqu’ils seraient députés.

«Je veux maintenir deux bureaux de circonscription avec des équipes de terrain. Les gens veulent rencontrer leur député. Je souhaite garder ce modèle dans chacune des MRC», a indiqué Pierre-Luc Daigle

«Cela fait plus d’un an que je parcours la région en tant que candidate. Je la connais bien. J’ai aussi l’intention d’avoir deux bureaux de comté et une équipe accessible, au service de la population. Déjà des citoyens me contactent pour me raconter leur problème et me demander de l’aide», a poursuivi Isabelle Lecours.

 

 

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